Ouganda : le laboratoire médico-légal d'Entebbe transforme les saisies d'ivoire en condamnations

À Entebbe, au bord du lac Victoria, le laboratoire ougandais de médecine légale pour la faune et le bois (Uganda Wildlife Forensics and Timber Laboratory) a appuyé des centaines d'enquêtes et de poursuites depuis son lancement en 2019, rapporte allAfrica dans un article publié le 4 octobre 2026. Sa méthode : faire parler l'ADN des défenses d'éléphant saisies.
De la défense saisie au dossier d'accusation
Les analyses génétiques et l'identification des motifs de croisillons propres à l'ivoire permettent de relier une saisie à une espèce, à une population et parfois à un réseau. « Les rapports ADN sont de plus en plus exigés par le tribunal ougandais de la faune », explique Patrick Chiyo, responsable du laboratoire, cité par allAfrica. La juridiction, présidée par la magistrate principale Gladys Kamasanyu, est l'une des rares cours spécialisées du continent sur ces infractions.
L'effet est mesurable. Après l'interception, en janvier 2025, d'un colis de 10 kilogrammes d'ivoire à destination du Caire, le prévenu a été condamné à quinze ans de prison ou à une amende d'environ 35 000 dollars. Sans expertise scientifique, ce type de dossier s'effondrait souvent faute de preuve matérielle recevable.
Le bois rejoint l'ivoire
En avril 2026, le laboratoire a élargi ses compétences à la médecine légale du bois, avec l'appui du Danemark et de l'Union européenne. L'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) accompagne la structure depuis 2019, aux côtés du réseau TRACE Wildlife Forensics Network.
Cette extension répond à une urgence chiffrée : la couverture forestière de l'Ouganda est passée de 24 % du territoire en 1990 à 13 % en 2025, selon les données citées par allAfrica. Le trafic de bois précieux, longtemps traité comme une infraction mineure, prive le pays de ses forêts et de ses recettes.
Une souveraineté scientifique
L'histoire de ce laboratoire dit quelque chose d'essentiel : la protection du patrimoine naturel africain ne se joue pas seulement dans les parcs, mais dans les salles d'analyse et les prétoires, et elle se joue avec des scientifiques africains. Pendant des décennies, les échantillons prélevés sur le continent partaient être analysés en Europe ou en Amérique du Nord, avec des délais incompatibles avec une procédure pénale.
Entebbe a inversé ce schéma. Les éléphants, les pangolins et les forêts d'Afrique de l'Est appartiennent aux peuples qui vivent avec eux ; les outils pour les défendre devaient suivre le même chemin. Reste à financer durablement ces capacités et à les répliquer : les réseaux de trafic, eux, opèrent déjà à l'échelle régionale.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.

