Ouganda : Moses Matovu, voix d'Afrigo Band pendant cinquante ans, inhumé à Kyanja

Le musicien ougandais Moses Matovu, cofondateur et figure centrale d'Afrigo Band, est mort le 24 septembre 2026 à l'hôpital de Kibuli, à Kampala, à l'âge de 77 ans, rapporte le site panafricain Music In Africa. Il a été inhumé le 25 septembre à Kyanja, dans la capitale ougandaise, où des milliers de personnes se sont rassemblées, selon la télévision publique UBC.
Selon UBC, l'artiste a succombé à des blessures reçues lors d'une agression survenue le 24 septembre au marché de Kibuli, dans la division de Makindye. La police ougandaise a ouvert une enquête pour meurtre. Le site d'information Nilepost rapporte qu'un principal suspect a été interpellé et devait être présenté à la justice ; aucune culpabilité n'a été établie à ce stade. Des prières funéraires musulmanes ont été dites à Kibuli, avant un passage de la dépouille par le Théâtre national de Kampala.
Soixante ans de scène
Né à Kampala en 1949, Moses Matovu commence à jouer dans les années 1960 au sein du Thunderbirds Band, du Police Band puis du Cranes Band. En 1975, il cofonde Afrigo Band avec Charles Ssekyanzi, Jeff Ssewava, Paddy Nsubuga, Paulo Sserumaga, Fred Luyombya, Anthony Kyeyune et Geoffrey Kizito, détaille Music In Africa.
Pendant cinq décennies, l'orchestre mêle rumba congolaise et soukous à des touches de jazz et de funk, en s'appuyant sur les rythmes, les langues et l'art du récit ougandais. Afrigo Band a célébré ses 50 ans en 2025 et s'est produit à travers l'Afrique de l'Est ainsi qu'en Afrique du Sud, en Chine, au Danemark, en Suède, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Le groupe a reçu un prix d'honneur aux Pearl of Africa Music Awards en 2007, et Matovu un prix pour l'ensemble de sa carrière aux HiPipo Music Awards en 2021.
« Le cœur battant » d'Afrigo
Lors de l'enterrement, la chanteuse Rachel Magoola a salué en lui « le cœur battant de l'histoire d'Afrigo », selon Nilepost, en rappelant le rôle des instrumentistes, techniciens, ingénieurs du son et équipes de tournée qui ont fait vivre l'orchestre. Pour Eddy Kenzo, président de la Fédération des musiciens ougandais cité par Music In Africa, Matovu était aussi « un enseignant, un mentor », au-delà de l'artiste. Les musiciens Mesach Ssemakula, Eddy Yawe et Catherine Kusasira étaient attendus aux obsèques, de même que le ministre du Genre et de la Culture Henry Tumukunde et le Katikkiro du Buganda, Charles Peter Mayiga.
Avec lui disparaît l'un des derniers grands chefs d'orchestre de la scène ougandaise, à une époque où les formations live, coûteuses à entretenir, cèdent du terrain aux productions en studio. Afrigo Band, né neuf ans avant la fin du régime d'Idi Amin Dada et toujours en activité, aura traversé un demi-siècle d'histoire du pays sans quitter la scène.
Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone
Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.