Actualité

Ouganda : poursuivie après une vidéo sur le fils de Museveni, Praise Opoloje refuse de se taire

4 novembre 2026 · 3 min de lecture

LireVoirFeuilleter

En 30 secondes

  • Al Jazeera a documenté le 4 novembre 2026 à Kampala les poursuites visant des internautes ougandais critiques du pouvoir.
  • L'armée affirme agir dans le cadre de la loi.

Praise Aloikin Opoloje a été arrêtée le 26 septembre 2026 en Ouganda, présentée deux jours plus tard devant le tribunal de première instance de Buganda Road, puis libérée sous caution le 14 octobre 2026 sans que les charges soient abandonnées. C'est le fil conducteur d'une enquête publiée le 4 novembre 2026 depuis Kampala par Al Jazeera sur la répression qui frappe les voix critiques en ligne.

Le motif officiel retenu contre elle n'a rien de politique sur le papier : l'usage prétendument illégal d'une carte SIM enregistrée au nom de sa mère, au titre de l'article 29 du règlement ougandais de 2024 sur l'interception des communications. Elle nie les faits. Selon son récit rapporté par Al Jazeera, l'affaire a démarré après une vidéo dans laquelle elle affirmait ne pas craindre le général Muhoozi Kainerugaba, chef de l'armée et fils du président Yoweri Museveni. Détenue à la prison pour femmes de Luzira, elle ne peut aujourd'hui quitter le pays sans autorisation du tribunal.

Des récits de disparitions que la chaîne n'a pu vérifier

L'enquête rassemble plusieurs témoignages concordants d'enlèvements par des hommes armés circulant en minibus Toyota HiAce, que les habitants surnomment « drone ». Andrew Tabandama Natumanya, journaliste et militant des droits humains, affirme avoir été emmené le 17 juin 2026 et détenu cinq jours, après avoir relayé sur X une opération de sécurité visant des biens liés à l'ancienne présidente du Parlement Anita Among. Il dit avoir changé de méthode mais vouloir « continuer à énoncer des faits ». Al Jazeera précise que son récit, comme celui de Praise Opoloje, n'a pas pu être vérifié de manière indépendante.

Emmanuel Baliza, 59 ans, cherche son fils William, 17 ans, qu'il dit disparu depuis février 2026 après que des hommes en uniforme et cagoulés sont venus le chercher à leur domicile. Le père raconte à Al Jazeera avoir entendu que l'adolescent pourrait être retenu dans un centre militaire près d'Entebbe, et que des responsables ont nié le détenir. « Je ne sais pas où est mon fils », dit-il.

Douze dossiers pour un seul avocat

Steven Atukwatse, avocat au sein de l'organisation de défense des droits humains Agora Research Center, indique avoir traité à lui seul douze dossiers d'internautes poursuivis depuis novembre 2025, en grande majorité des utilisateurs de TikTok et de X, souvent au titre de la loi sur l'abus informatique. Selon lui, la plupart de ces personnes ont été arrêtées pour avoir critiqué le président ou son fils. Al Jazeera souligne toutefois que l'ampleur réelle du phénomène reste indéterminée, faute de bilan chiffré.

Interrogé par la chaîne, le porte-parole de l'armée, le colonel Chris Magezi, rejette l'idée de disparitions illégales et affirme que l'institution agit « conformément à la loi ». Il ajoute que les personnes soupçonnées d'infractions sont présentées devant les tribunaux et rappelle l'existence de lois sur la diffamation : selon lui, qui avance des accusations sans pouvoir les étayer s'expose à une arrestation.

En Ouganda comme ailleurs sur le continent, la bataille porte désormais sur un espace numérique devenu la dernière place publique disponible. Les affaires citées par Al Jazeera suivent toutes le même schéma judiciaire : des charges techniques, des procédures qui s'étirent et des dossiers rarement refermés.

Sources et crédits photo

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées.

Et toi, qu'en penses-tu ?