Sénégal : l'Assemblée nationale adopte une loi sur la santé des détenus

L'Assemblée nationale du Sénégal a adopté le 30 septembre 2026, à Dakar, la proposition de loi n°39/2026 relative à la santé en milieu carcéral. Selon l'Agence de presse sénégalaise (APS), 130 députés ont voté pour, dont 18 par procuration, en présence du ministre de la Santé et de l'Action sociale, Ibrahima Sy.
Le texte est une initiative parlementaire, portée par les députés Khady Sarr, Anta Dia, Cheikh Faye et Mamadou Lamine Diaïté. Il part d'un constat simple : jusqu'ici, aucun cadre juridique cohérent n'organisait les soins derrière les murs des prisons sénégalaises, ce qui laissait subsister des écarts de traitement entre les citoyens libres et les personnes détenues.
Ce que change le texte
D'après Le Soleil, la loi inscrit dans le droit sénégalais l'égalité d'accès aux soins pour les détenus, le consentement du patient, le secret médical et l'indépendance professionnelle des soignants intervenant en prison. Des amendements introduits par le gouvernement renforcent par ailleurs l'interdiction des traitements cruels, inhumains ou dégradants et précisent les règles de consentement et de confidentialité.
Le texte prévoit aussi des dispositions pour les publics les plus exposés : les femmes enceintes, les détenus âgés, les personnes en situation de handicap et celles qui ont besoin d'une prise en charge psychiatrique. Autant de situations où l'enfermement aggrave la vulnérabilité.
Un alignement sur les engagements africains et internationaux
Le nouveau cadre se réfère aux Règles Nelson Mandela des Nations unies, qui fixent les normes minimales de traitement des personnes privées de liberté, ainsi qu'à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples. La présidente de la commission concernée, Khady Sarr, y a vu une avancée vers un système pénitentiaire, selon ses mots, « respectueux de la dignité humaine ». Le ministre Ibrahima Sy a de son côté salué une « préoccupation largement partagée ».
Reste la question des moyens. Pendant le débat, plusieurs députés ont insisté sur le manque de personnel soignant, d'équipements médicaux et d'installations sanitaires dans les établissements pénitentiaires, et sur la nécessité de produire des données de santé fiables pour piloter la prévention et le dépistage. Un droit inscrit dans la loi ne vaut, en prison comme ailleurs, que par les infirmeries, les médecins et les budgets qui le font vivre.
La santé des détenus demeure un angle mort des politiques publiques dans une grande partie du continent, où la surpopulation carcérale favorise la tuberculose et les maladies infectieuses. En légiférant, le Sénégal place ce sujet sur la table du débat public.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.