En 30 secondes
- Khartoum a saisi le Conseil de sécurité et le Conseil de paix de l'UA.
- Son rapport fait état de 187 drones kamikazes et de 484 civils tués ou blessés depuis février 2026.
Le Soudan a déposé une plainte contre l'Éthiopie auprès du Conseil de sécurité des Nations unies et du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, après une série d'attaques de drones menées cette année, rapporte Al Jazeera. Le communiqué du ministère soudanais des Affaires étrangères a été publié dans la nuit du dimanche 1er novembre 2026.
Ce que dit le rapport soudanais
Khartoum accuse les Forces de soutien rapide (RSF), groupe paramilitaire en guerre contre l'armée depuis avril 2023, d'utiliser le territoire éthiopien pour lancer une « agression flagrante » contre des sites civils et des centrales électriques. Le document joint, produit par le Conseil souverain de transition dirigé par l'armée, recense 70 attaques entre le 15 février et le 27 octobre 2026, impliquant 187 drones kamikazes à sens unique. Le bilan avancé est de 484 civils tués ou blessés, 176 militaires soudanais tués et 200 autres blessés. « Depuis février 2026, des drones armés ont décollé du sol éthiopien », affirme le rapport, qui désigne trois points de départ : l'aéroport d'Asosa, dans l'ouest de l'Éthiopie, la zone frontalière de Kurmuk-Gizen et la base aérienne de Bahir Dar, dans la région Amhara.
Un mois d'octobre particulièrement meurtrier
Le rapport fait état de 28 attaques menées par 97 drones pour le seul mois d'octobre 2026. Il cite notamment la frappe du 9 octobre contre des familles déplacées à Wad el-Mahi, dans la région du Nil Bleu, près de la frontière éthiopienne : 30 civils y auraient été tués, dont 26 femmes et quatre enfants, et une centaine blessés.
Deux capitales qui s'accusent mutuellement
L'armée soudanaise accuse régulièrement Addis-Abeba d'appuyer les RSF. L'Éthiopie, de son côté, reproche à l'armée soudanaise de soutenir des rebelles liés au Front de libération du peuple du Tigré, ce que Khartoum dément. Al Jazeera ne rapporte aucune réaction éthiopienne à la plainte, et les accusations contenues dans le rapport soudanais n'ont pas été vérifiées de façon indépendante.
L'ONU dit sa consternation
Le porte-parole du secrétaire général des Nations unies a indiqué le 31 octobre 2026 qu'António Guterres était « consterné » par l'impact des frappes de drones au Soudan et condamnait fermement leur escalade, y voyant des violations du droit international humanitaire. Quelques jours plus tôt, une frappe sur un marché du Darfour contrôlé par les RSF avait tué plus de cent personnes, selon une organisation de défense des droits humains citée par Al Jazeera.
Ce qui vient ensuite
Aucune réunion ni aucun vote n'a été annoncé à ce stade, ni à New York ni à Addis-Abeba. La saisine du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine place toutefois le dossier devant une instance africaine : deux États membres de l'organisation, voisins et liés par le Nil, s'y affrontent désormais sur la question de la responsabilité d'un conflit qui dure depuis plus de trois ans.
Sources et crédits photo
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées.
