Spatial : la Côte d'Ivoire devient le 75e signataire des accords Artemis après l'expo d'Abidjan

La Côte d'Ivoire est devenue le 75e pays signataire des accords Artemis sur l'exploration et le développement spatial, à l'occasion de l'Africa Space Expo (ASPEX) qui s'est tenue fin septembre 2026 à Abidjan, rapporte Al Jazeera. L'Angola y a de son côté signé une lettre d'intention de coopération spatiale avec les Émirats arabes unis.
Le rendez-vous ivoirien illustre un basculement : après des années de documents d'orientation, plusieurs États africains passent aux programmes concrets. L'Agence spatiale africaine, installée en Égypte, doit fournir le cadre continental de cette coopération.
Le Ghana, de Nkrumah au radiotélescope
Le Ghana offre l'exemple le plus documenté de cette continuité. En 1961, le président Kwame Nkrumah lançait un projet de réacteur nucléaire ; la Commission ghanéenne de l'énergie atomique était créée par le Parlement en 1963, avant l'abandon du réacteur en 1966 après le renversement de Nkrumah. C'est de cette institution que descend l'actuel Ghana Space Science and Technology Institute (GSSTI), dirigé par Joseph Tandoh. « L'espace s'étend à tous les ministères », résume-t-il auprès d'Al Jazeera.
Le pays a converti en 2017 une antenne de 32 mètres à Kuntunse en radiotélescope, devenant le premier des huit partenaires africains du projet sud-africain Square Kilometre Array à achever cette transformation. Sa politique spatiale nationale a été approuvée en 2022 puis lancée en 2024, et la création d'une agence spatiale ghanéenne a été validée en 2025.
Des satellites au service des champs et des côtes
Les applications visent le quotidien : le programme GEOMAIZE, mené avec l'institut belge VITO, exploite des données satellitaires pour le suivi des cultures ; d'autres travaux cartographient la déforestation liée à l'orpaillage et modélisent l'érosion côtière à Keta et Agavedzi, avec des partenaires nigérians.
Le verrou, c'est l'argent
Le secteur privé émerge — Galaxy Aerospace Ghana, fondée en 2020, Xavier Space Solutions, Ayeji Aerospace — mais sans financement. Son dirigeant Victor Tagborloh dit attendre des investisseurs depuis six ans : « Nous avons juste besoin de fonds. » Bright Atsu Sogbey rappelle que l'Afrique du Sud, l'Égypte et le Nigeria disposent de laboratoires et ont déjà fabriqué des satellites, quand le Ghana manque de pôles de production soutenus par l'État. Daniel Aboagye, de African Progressive Research and Innovations, plaide pour l'introduction des sciences spatiales dans les systèmes éducatifs africains.
L'enjeu est souverain : sans capacité propre d'observation, les États africains achètent à prix fort des images de leurs propres territoires. Les signatures d'Abidjan ouvrent des portes ; elles ne remplacent pas des budgets nationaux et une industrie continentale.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.