Tchad : les admissions d'enfants malnutris en hausse de 77 % à Am Timan, un enfant dépisté sur quatre touché

Story Africa·9 octobre 2026·3 min de lecture
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Tchad : les admissions d'enfants malnutris en hausse de 77 % à Am Timan, un enfant dépisté sur quatre touché
Photo : Hanabishi · CC0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

L'unité nutritionnelle thérapeutique de l'hôpital provincial d'Am Timan, dans la province du Salamat (sud-est du Tchad), a enregistré une hausse de 77 % des admissions d'enfants entre janvier et juin 2026, a annoncé Médecins sans frontières (MSF) dans un communiqué publié le 7 octobre 2026. La courbe s'est emballée à partir d'avril, au début de la période de soudure, ces semaines où les réserves de l'année précédente sont épuisées et la nouvelle récolte encore loin.

Le dépistage mené par l'organisation entre avril et juin 2026 donne la mesure du phénomène : sur 1 676 enfants de 6 à 59 mois examinés dans les localités soutenues par MSF, 4,8 % souffraient de malnutrition aiguë sévère et 21,4 % de malnutrition aiguë modérée. Au total, plus d'un enfant dépisté sur quatre présentait une forme de malnutrition aiguë.

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Quand la récolte décide de tout

MSF relie cette dégradation à de mauvaises récoltes et à la baisse des rendements, qui privent les familles de revenus en même temps que de nourriture. Les stocks s'épuisent pendant la saison des pluies, au moment précis où les inondations rendent les pistes impraticables et isolent des villages entiers des structures de santé.

Fadija Hammad, 25 ans, agricultrice du village d'Angalat, enceinte de cinq mois, s'est présentée avec sa fille de 15 mois. « L'argent que nous avons pour vivre provient des récoltes », explique-t-elle dans le communiqué de MSF. Pour beaucoup de familles, le coût du transport et les journées de travail perdues aux champs pèsent autant que la maladie dans la décision de se rendre à l'hôpital.

Le paludisme et la rougeole aggravent le tableau

La malnutrition ne frappe jamais seule. MSF cite le paludisme, les infections respiratoires aiguës, les diarrhées et la rougeole, qui affaiblissent des organismes déjà fragilisés et transforment une maladie courante en urgence vitale. L'organisation indique avoir ouvert dix structures de soins au plus près des villages, ainsi que trois unités d'alimentation thérapeutique, à Ablelaye et à Mina, dans la zone de Moïssala (sud du pays).

Le dispositif associe dépistage précoce dans les communautés, prise en charge hospitalière des cas les plus graves et formation du personnel tchadien, selon le docteur Assoumana Halarou, coordinateur médical de MSF au Tchad. L'enjeu est de repérer les enfants avant le stade sévère, quand la prise en charge reste simple et peu coûteuse.

Un enjeu de souveraineté alimentaire

Le Salamat n'est pas une zone de conflit : c'est une région agricole dont la santé des enfants dépend directement d'une récolte et d'une route praticable. La saisonnalité de la faim au Sahel est connue, documentée et prévisible année après année ; elle appelle moins l'urgence humanitaire que des investissements durables dans le stockage des récoltes, les routes rurales et les centres de santé de proximité.

Le Tchad accueille par ailleurs des centaines de milliers de personnes ayant fui le conflit soudanais, une pression supplémentaire sur des services de santé déjà sous tension. La hausse relevée à Am Timan concerne, elle, des familles tchadiennes installées sur leurs terres, et rappelle que la nutrition infantile reste un indicateur central des politiques publiques du continent.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.