Tigré : des soldats érythréens vus à Adigrat, Asmara rompt tout lien diplomatique avec Addis-Abeba

Story Africa·8 octobre 2026·2 min de lecture
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Tigré : des soldats érythréens vus à Adigrat, Asmara rompt tout lien diplomatique avec Addis-Abeba
Photo : Jnyssen (Jan Nyssen) · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

Des soldats érythréens ont été aperçus le 7 octobre 2026 à Adigrat, dans le nord du Tigré éthiopien, selon des témoins interrogés par Reuters et l'AFP. Il s'agirait de la première présence signalée de forces érythréennes en Éthiopie depuis la reprise des combats, le 23 septembre 2026, entre l'armée fédérale et une alliance de sept groupes armés incluant le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins deux habitants ont déclaré à Reuters avoir vu des dizaines de militaires traverser Adigrat à bord de deux camions, reconnaissables à leurs treillis de camouflage blanc cassé. Adigrat se trouve à une vingtaine de kilomètres de la frontière érythréenne ; un responsable local cité par l'AFP affirme que ces troupes sont là depuis plusieurs jours et progressent vers le sud.

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Asmara ne dément pas

Le ministre érythréen de l'Information, Yemane Meskel, n'a pas nié le franchissement de la frontière : il accuse le gouvernement éthiopien de construire un récit de « légitime défense » pour masquer ce qu'il qualifie de guerre d'agression. Gebreigziabher Beyene, commandant de la Force de paix du Tigré, favorable au pouvoir fédéral, affirme pour sa part que l'armée érythréenne est entrée au Tigré en uniforme et « équipée d'armes lourdes ».

La rupture est aussi diplomatique. Addis-Abeba a annoncé la fermeture de son ambassade à Asmara et l'expulsion de dix diplomates érythréens ; l'Érythrée a répliqué en rompant tout lien diplomatique avec l'Éthiopie, estimant n'avoir « pas d'autre option », selon Al Jazeera.

Mekelle reprise, les drones continuent

Les forces fédérales et leurs alliés sont entrées dans Mekelle, capitale régionale du Tigré, après que le TPLF a confirmé son retrait et le déplacement « temporaire » de son administration. À Adwa, un habitant a rapporté à l'AFP des frappes de drones sur des hôtels durant le week-end, qui ont tué plusieurs civils et fait quatre blessés. Aucun bilan global des victimes ni des déplacés n'a été publié.

La mer Rouge en arrière-plan

Investi pour un second mandat de cinq ans, le Premier ministre Abiy Ahmed répète que l'Éthiopie, pays enclavé, doit obtenir un accès à la mer Rouge — une revendication que l'Érythrée lit comme une menace d'invasion. Addis-Abeba accuse l'Érythrée, l'Égypte et le Soudan de soutenir l'alliance armée ; les trois démentent. Le jour de l'investiture, ces trois pays et la Somalie ont publié une déclaration commune appelant à une solution politique et pacifique.

Les deux voisins se connaissent trop bien : indépendance de l'Érythrée en 1993, guerre frontalière de 1998 à 2000, réconciliation en 2018, puis alliance contre le TPLF pendant la guerre de 2020-2022, avant un nouveau divorce. Quatre ans après, ce sont les mêmes populations du Tigré qui paient un affrontement entre États.

Pour les analystes cités par l'AFP, Asmara chercherait surtout à tenir la guerre hors de son territoire, au cas où le TPLF se replierait de l'autre côté de la frontière. Un calcul qui fait du Tigré le champ de bataille d'une rivalité qui le dépasse.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.