Tunisie : la blogueuse Hajer Awadi condamnée à 26 mois de prison pour un direct Facebook

La blogueuse tunisienne Hajer Awadi a été condamnée à 26 mois de prison au total par la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis, le 30 septembre 2026, pour une vidéo diffusée en direct sur Facebook. L'information a été rendue publique par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui réclame sa libération immédiate et l'annulation de la condamnation.
Trois peines pour une seule vidéo
Le plus lu du momentCôte d'Ivoire : la mine d'or de Boundiali promet 4 200 emplois, sans part locale précisée →Le tribunal a prononcé huit mois de prison pour « apologie du terrorisme », un an pour « incitation à la haine » et six mois pour « menaces », détaille le CPJ. Son avocat, Samir Ben Amor, a fait appel : la condamnation n'est donc pas définitive.
Détenue depuis janvier à la prison de Manouba
Militante suivie par environ 15 000 personnes sur Facebook, Hajer Awadi traite de corruption et de droits humains. Elle a été arrêtée à son domicile de Tunis le 23 janvier 2026, après un direct consacré à une opération de sécurité dans le centre-ouest du pays : elle y évoquait un raid à Majel Bel Abbes, où les autorités affirment avoir tué quatre suspects de terrorisme. La vidéo a depuis été retirée. Le 29 janvier 2026, le pôle judiciaire antiterroriste a ordonné sa détention et son transfert à la prison pour femmes de Manouba, à l'ouest de Tunis, où elle se trouve toujours, soit plus de huit mois d'incarcération.
Ce n'est pas la première fois
En avril 2020, elle avait déjà été arrêtée après une vidéo dénonçant la corruption, la mauvaise distribution de denrées alimentaires pendant la pandémie de Covid-19 et des mauvais traitements policiers. Elle avait été libérée huit jours plus tard, avec une peine de 75 jours de prison avec sursis, selon son avocat.
Pour la directrice régionale du CPJ, Sara Qudah, les autorités tunisiennes « utilisent le système de justice pénale pour punir l'expression critique ». L'organisation indique avoir sollicité la présidence tunisienne, sans obtenir de réponse.
Le dossier pose une question qui dépasse largement la Tunisie : jusqu'où la législation antiterroriste peut-elle servir à qualifier un direct Facebook d'apologie du terrorisme ? La présomption d'innocence vaut pour Hajer Awadi comme pour toute personne poursuivie, et l'appel est en cours. Mais le fait établi reste là : une femme qui parlait de corruption et de droits humains est en prison depuis janvier, et c'est l'espace laissé aux citoyens africains pour critiquer leurs dirigeants qui se referme un peu plus.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


