Société

Zambie : Human Rights Watch documente 14 disparitions forcées et 71 arrestations après la présidentielle

3 novembre 2026 · 2 min de lecture

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  • Dans un rapport du 1er novembre 2026, l'ONG accuse police et armée d'avoir visé l'opposition, des avocats et des journalistes autour du scrutin d'août.

Human Rights Watch (HRW) a publié le 1er novembre 2026 un rapport accusant la police et l'armée zambiennes d'avoir fait disparaître de force, détenu arbitrairement, battu et menacé des membres et sympathisants de l'opposition, ainsi que des avocats, des journalistes et des critiques du gouvernement, dans les jours qui ont précédé et suivi les élections générales d'août 2026.

Les chiffres documentés

L'organisation dit avoir documenté 14 cas de disparitions forcées apparentes au mois d'août, 61 cas de mauvais traitements lors de l'arrestation ou en détention, et 71 arrestations qu'elle juge possiblement motivées par des raisons politiques ou suivies d'une détention prolongée sans inculpation. Dix-huit personnes ont été inculpées de haute trahison, dont deux également pour sédition.

L'opposition visée

Le président Hakainde Hichilema a été réélu lors du scrutin du 13 août 2026, un vote que des observateurs ont jugé entaché d'irrégularités, dont une suspension du décompte, rappelle le rapport. Le domicile du chef de l'opposition Brian Mundubile, de l'alliance Tonse, a été perquisitionné le 14 août 2026. Il a été arrêté le 27 août et inculpé de haute trahison et de pratiques séditieuses avec son colistier Makebi Zulu : l'acte d'accusation, que HRW dit avoir consulté, leur reproche d'avoir affirmé en direct sur Facebook, le 14 août, que l'opposition avait gagné. Les deux hommes sont présumés innocents.

Deux versions sur la mort de Mutotwe Kafwaya

Des membres de l'opposition affirment que les forces de sécurité ont tué l'ancien ministre Mutotwe Kafwaya pendant la perquisition du 14 août. L'inspecteur général de la police, Graphel Musamba, a déclaré qu'une opération conjointe de renseignement avait essuyé des tirs de personnes non identifiées et que Kafwaya avait été tué au cours de cette opération. La police avait d'abord démenti toute perquisition avant que Musamba ne la reconnaisse, selon HRW, qui réclame une enquête indépendante.

La réponse des autorités

Le ministère de l'Information avait qualifié les récits de cette perquisition de désinformation destinée à alarmer la population. Répondant début septembre au rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de réunion, le ministère des Affaires étrangères a jugé son appel inexact et estimé que l'appartenance à un parti d'opposition ne met personne à l'abri de la loi.

Un siège au Conseil des droits de l'homme

Ashwanee Budoo-Scholtz, directrice adjointe pour l'Afrique de HRW, appelle le gouvernement zambien à « briser ce cycle dangereux de répression », à libérer les personnes détenues arbitrairement et à garantir aux détenus l'accès à un avocat et à des soins. L'ONG rappelle que la Zambie siégera au Conseil des droits de l'homme des Nations unies de 2027 à 2029.

Sources et crédits photo

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