Zimbabwe : Mnangagwa fait ministre Kudakwashe Tagwirei, l'homme d'affaires sanctionné par Washington

Le président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a nommé l'homme d'affaires Kudakwashe Tagwirei ministre du Développement économique et de la Promotion de l'investissement, un portefeuille nouvellement créé, avec effet immédiat. L'annonce a été faite le 8 octobre 2026 par le secrétaire en chef de la présidence et du Cabinet, Martin Rushwaya, et relayée par le quotidien d'État The Herald.
La nomination s'appuie sur l'article 104(1) de la Constitution. Le professeur Mthuli Ncube, ministre des Finances depuis 2018, dirigeait jusqu'ici un ministère qui réunissait les finances, le développement économique et la promotion de l'investissement. Il est réaffecté aux seules finances. La politique économique du pays sera donc pilotée à deux têtes.
Le plus lu du momentPoulet DG : l'histoire coquine du plat star du Cameroun, et sa recette →Un empire bâti au contact de la commande publique
Kudakwashe Tagwirei a fondé Sakunda Holdings, un groupe actif dans l'énergie, les mines, l'agriculture et la logistique. Selon Billionaires.Africa, le groupe occupe une place centrale dans des programmes publics zimbabwéens, notamment l'approvisionnement en carburant et le Presidential Inputs Programme destiné aux agriculteurs. En 2013, Sakunda avait formé une coentreprise avec le négociant suisse en matières premières Trafigura, dans laquelle elle détenait 51 %.
Les États-Unis ont sanctionné l'homme d'affaires, qu'ils accusent de corruption. Tagwirei rejette ces accusations, rappelle le même média. Aucune juridiction n'a, à ce jour, rendu de décision à son encontre sur ces faits.
Une ascension qui fracture la ZANU-PF
Le parcours politique du nouveau ministre a été rapide. Coopté au comité central de la ZANU-PF en octobre 2025, il a été nommé sénateur en août 2026, à la suite d'une révision constitutionnelle élargissant la chambre haute à des personnalités choisies pour leurs compétences professionnelles. Lors d'un récent rassemblement du parti, il a promis un million de dollars et dix véhicules par province.
Cette montée en puissance divise le parti au pouvoir. Le vice-président Constantino Chiwenga accuse publiquement Tagwirei et d'autres hommes d'affaires d'utiliser leur fortune pour s'emparer des structures du parti et de l'État. L'intéressé dément toute ambition présidentielle et affirme que Mnangagwa restera en fonction jusqu'en 2030, alors que le mandat du chef de l'État s'achève en 2028.
Ce qu'il faudra surveiller
Pour les Zimbabwéens, l'enjeu n'est pas la rumeur de succession mais la frontière entre intérêt privé et décision publique. Un entrepreneur dont les sociétés vivent en partie de contrats publics se retrouve chargé d'attirer et d'orienter l'investissement étranger. La séparation des finances et du développement économique place désormais deux ministres sur le même terrain, sans que le partage des compétences ait été détaillé publiquement.
La crédibilité de cette architecture se mesurera à des éléments vérifiables : la publication des contrats signés par le nouveau ministère, l'existence d'une déclaration d'intérêts du ministre et le traitement réservé aux concurrents de ses propres groupes. Défendre les droits des Africains, c'est aussi exiger de leurs dirigeants qu'ils rendent des comptes.
À lire aussi
ActualitéSanté : la Zambie signe 1,5 milliard de dollars avec Washington, le Zimbabwe et le Ghana refusent
ActualitéRaffinerie Dangote : le Kenya et l'Ouganda ouvrent à leurs investisseurs une IPO de 1,6 milliard de dollars
SociétéLe Bénin réclame 35 nouveaux biens culturels à la France, dont le dieu Gou retenu au Louvre
Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone
Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


