
Ubuntu
7 sagesses africaines pour reprendre confiance en soi en 7 jours
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Jom : la dignité qui ne se négocie pas
La sagesse
Au Sénégal et en Gambie, la culture wolof accorde une grande importance à quelques valeurs qui structurent la façon d'être en société. L'une des plus fortes est le jom. Le mot est difficile à traduire en un seul mot français : il désigne à la fois la dignité, l'honneur, le respect de soi et le courage de défendre ce qui est juste. Une personne qui a du jom ne se laisse pas humilier, ne s'abaisse pas pour obtenir un avantage, tient sa parole et assume ses responsabilités.
Le jom n'est pas l'orgueil. L'orgueilleux se croit supérieur aux autres. La personne qui a du jom sait simplement qu'elle a une valeur, et elle la respecte, comme elle respecte celle des autres.
Une histoire vraie : le refus de Mandela
En janvier 1985, Nelson Mandela est en prison depuis plus de vingt ans. Le président sud-africain Pieter Willem Botha lui propose publiquement la liberté, à une condition : qu'il renonce sans condition à la violence comme moyen d'action politique, alors que le régime d'apartheid, lui, continue d'opprimer la majorité noire.
Mandela refuse. Le 10 février 1985, sa fille Zindzi lit sa réponse devant une foule immense, dans un stade de Soweto. Il y explique qu'un prisonnier ne peut pas négocier sa liberté, et qu'il ne vendra pas le droit de son peuple à être libre. Il restera en prison encore cinq ans, jusqu'en février 1990. Quatre ans plus tard, il devient président de l'Afrique du Sud.
C'est cela, le jom : refuser une offre qui exige de renoncer à ce que l'on est, même quand elle semble avantageuse.
Ce que ça change pour ta confiance
Le manque de confiance en soi pousse souvent à accepter ce qu'on ne devrait pas accepter :
• dire oui alors qu'on pense non, par peur de déplaire ;
• accepter des remarques blessantes « pour la paix » ;
• rester dans une relation, un emploi ou une amitié qui nous diminue ;
• se taire en réunion alors qu'on a une idée ;
• rire d'une blague raciste ou humiliante pour ne pas « faire d'histoires ».
Chaque fois que l'on accepte ce qui nous blesse, on envoie à notre propre cerveau un message : « Je ne mérite pas mieux. » Et la confiance s'érode un peu plus.
Le jom t'invite à faire l'inverse : poser des limites. Ce n'est pas être agressif. C'est dire clairement, calmement, ce que l'on accepte et ce que l'on n'accepte pas.
Ce qu'en dit la science
Les psychologues parlent d'affirmation de soi pour désigner la capacité à exprimer ses besoins, ses opinions et ses limites de façon claire et respectueuse, sans agresser ni se soumettre. Elle s'apprend, et elle est l'un des piliers des thérapies qui visent à renforcer l'estime de soi.
Ils distinguent trois façons de réagir :
Aminata et la remarque de trop
Aminata, 26 ans, est la seule femme noire de son équipe. Lors d'une réunion, un collègue lance, en riant : « Avec tes cheveux, on ne voit que toi ! » Tout le monde rit. Habituellement, elle aurait souri et laissé passer. Cette fois, après la réunion, elle va le voir et lui dit calmement : « Ta remarque sur mes cheveux m'a mise mal à l'aise. Je préfère qu'on parle de mon travail. » Il s'excuse, un peu gêné. Rien de dramatique. Mais ce jour-là, Aminata a changé quelque chose en elle : elle s'est prouvé qu'elle pouvait se respecter.
L'exercice du jour : tes trois limites
• Repère. Note trois situations récentes où tu as accepté quelque chose qui t'a blessé, diminué ou mis mal à l'aise.
• Nomme. Pour chacune, écris ce que tu aurais voulu dire. Utilise la formule simple : « Quand tu…, je me sens… Je préférerais que… »
• Décide. Écris trois limites que tu veux désormais faire respecter. Par exemple : « Je ne réponds plus aux messages professionnels après 21 heures », « Je ne prête plus d'argent sans date de remboursement », « Je ne laisse plus passer les remarques sur ma couleur de peau ».
Le geste du jour
Aujourd'hui, dis un « non » que tu aurais habituellement transformé en « oui ». Un petit non, poli et calme : à une demande de service, à une invitation, à une proposition. Observe ce qui se passe. Dans la grande majorité des cas, le monde ne s'écroule pas. Et toi, tu te tiens un peu plus droit.
À retenir
Jom en une phrase
Ma dignité ne se négocie pas : je me respecte, je respecte les autres, et je pose calmement mes limites.
• J'ai repéré trois situations où je ne me suis pas respecté.
• J'ai écrit trois limites que je veux faire respecter.
• J'ai dit un « non » calme aujourd'hui.
[ … fin de l'extrait … ]
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Au sommaire du livre complet
- Avant de commencer : sept jours, sept sagesses
- 1. Ubuntu : je suis parce que nous sommes
- 2. Sankofa : retourner chercher ce qui t'appartient
- 3. Jom : la dignité qui ne se négocie pas
- 4. Ma'at : quand tes actes rejoignent tes paroles
- 5. Aya : pousser là où personne ne t'attend
- 6. Muñ : la patience qui construit
- 7. Harambee : maintenant, on avance ensemble
- Et après le septième jour ?