14 octobre 1999 : mort de Mwalimu Nyerere, l'homme qui fit de Dar es Salaam la base arrière des libérations africaines

Le 14 octobre 1999, Julius Kambarage Nyerere meurt à Londres, à 77 ans, des suites d'une leucémie. La Tanzanie perd celui que tout un pays appelait simplement Mwalimu, « l'instituteur » en swahili. Le 14 octobre est depuis le Nyerere Day, consacré à la mémoire du « père de la nation », selon la Haute Commission de Tanzanie à Abuja.
Dar es Salaam, capitale des guérillas
Le plus lu du momentCôte d'Ivoire : la mine d'or de Boundiali promet 4 200 emplois, sans part locale précisée →Premier ministre puis président du Tanganyika indépendant à partir de 1961, Nyerere scelle le 26 avril 1964 l'union avec Zanzibar, qui prendra le nom de République-Unie de Tanzanie. Il est aussi, rappelle Britannica, l'un des fondateurs de l'Organisation de l'unité africaine en 1963.
Sa décision la plus lourde fut d'ouvrir son pays aux combattants des autres. Dar es Salaam accueille le comité de libération de l'OUA et devient la base arrière du FRELIMO mozambicain, du MPLA angolais, de la ZANU zimbabwéenne, de la SWAPO namibienne et de l'ANC sud-africaine, selon Wikipédia. La carte politique de l'Afrique australe s'est en partie écrite là. Et quand l'Ouganda d'Idi Amin Dada attaque la Tanzanie fin 1978, l'armée tanzanienne repousse l'offensive puis chasse le dictateur en avril 1979.
L'Ujamaa : une promesse et une contrainte
Le 5 février 1967, Nyerere publie la déclaration d'Arusha, manifeste du socialisme tanzanien et de l'autosuffisance : l'argent, y écrit-il, est « le résultat et non la base du développement ». L'État prend le contrôle des principaux moyens de production et l'école devient une priorité. Le résultat éducatif est réel : selon les données compilées par Wikipédia, l'alphabétisation des adultes passe de 17 % en 1960 à 63 % en 1975.
Mais la villagisation, d'abord volontaire, devient contrainte avec l'opération Vijiji : plus de sept millions de personnes sont déplacées vers de nouveaux villages entre septembre 1973 et juin 1975, et environ quatre millions de plus jusqu'à fin 1976, d'après les mêmes sources. La production vivrière recule, le pays dépend de l'aide alimentaire, et la loi de détention préventive de 1962 permet d'emprisonner sans procès. Les historiens restent divisés sur ce bilan : dirigisme utopique pour les uns, tentative assumée de sortir du modèle colonial pour les autres.
Partir de son plein gré
Le 5 novembre 1985, Nyerere quitte volontairement la présidence et laisse la place à Ali Hassan Mwinyi, qui défera une part de son héritage économique. Quand la plupart de ses homologues s'accrochaient au pouvoir, ce départ choisi fonde son autorité morale sur le continent.
À retenir
Nyerere laisse une Tanzanie pauvre mais unie et alphabétisée, et une leçon que l'Afrique n'a pas fini de méditer : la souveraineté d'un pays se mesure aussi à ce qu'il accepte de dépenser pour la liberté des autres.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.





