15 octobre 1962 : Mandela entre au tribunal de Pretoria en peau de léopard et récuse ses juges

Story Africa·14 octobre 2026·2 min de lecture
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Le 15 octobre 1962, dans l'ancienne synagogue de Pretoria, devenue tribunal spécial, Nelson Mandela, 44 ans, comparaît non en costume d'avocat mais en peau de léopard et en perles, insigne de la royauté thembu. L'Afrique du Sud de l'apartheid croit juger un agitateur ; l'homme qui entre dans le prétoire se présente en Africain devant une justice étrangère. Les audiences se tiendront jusqu'au 7 novembre 1962, selon le compte rendu publié par les Nations unies.

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Chez les Thembu, le léopard symbolise le pouvoir et la majesté, rappelle le quotidien sud-africain Mail & Guardian. L'effet est « électrisant », dira Mandela : sa mère et son épouse Winnie, elle aussi en tenue traditionnelle, emplissent les bancs ; le public entonne « Shosholoza Mandela ». Le magistrat et la police redoutent l'embrasement ; les autorités lui interdiront de porter hors de la salle ce qu'elles appellent sa « couverture ». Ses propres avocats jugent le geste tribaliste. Mandela, lui, a fait du box des accusés une tribune.

« Un homme noir dans un tribunal d'homme blanc »

Il demande d'abord la récusation du magistrat W.A. van Helsdingen. « Je crains de ne pas avoir un procès équitable », déclare-t-il, car siéger là « me donne le sentiment d'être un homme noir dans un tribunal d'homme blanc » (compte rendu de l'ONU). Son argument : une justice dont les Africains sont exclus — ils ne votent pas, n'écrivent pas la loi, ne jugent pas — n'a pas qualité pour les condamner. La requête est rejetée.

Deux chefs d'accusation le visent : avoir incité à la grève générale des 29, 30 et 31 mai 1961 contre la proclamation d'une république réservée aux Blancs — plus de 40 % de la main-d'œuvre du Rand avait cessé le travail, selon South African History Online (SAHO) — et avoir quitté le pays sans passeport. Arrêté le 5 août 1962 à un barrage près de Howick, au retour d'une tournée panafricaine et d'un entraînement militaire au Maroc, il plaide non coupable.

De cinq ans à la perpétuité

Le 7 novembre 1962, la sentence tombe : trois ans pour incitation, deux ans pour départ illégal, cinq ans au total. Six mois à la prison centrale de Pretoria, puis Robben Island. La répression ne s'arrête pas là : le 12 juin 1964, au procès de Rivonia, Mandela et six coaccusés, dont Walter Sisulu et Govan Mbeki, sont condamnés à la perpétuité pour sabotage, d'après SAHO.

Les sources divergent sur un point : SAHO place la première audience au 13 octobre 1962, quand le compte rendu de l'ONU et la presse sud-africaine retiennent le 15 octobre.

À retenir

Le 15 octobre 1962, Mandela a fait de son procès un acte politique : contester un tribunal qui excluait les Africains, et le dire vêtu de la dignité de son peuple.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.