15 octobre 1987 : Thomas Sankara abattu à 37 ans, treize morts et trente-quatre ans d'attente

Story Africa·13 octobre 2026·3 min de lecture
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Le 15 octobre 1987, vers 16 h 15, Thomas Sankara ouvre une réunion dans les anciens locaux du Conseil de l'Entente, à Ouagadougou. Un quart d'heure plus tard, des tireurs abattent son chauffeur et ses gardes du corps, puis ouvrent le feu dans la salle. Le président du Burkina Faso sort les mains levées en lançant « c'est moi qu'ils veulent », selon le récit du site panafricain Africa Is A Country ; il est tué sur place. Il a 37 ans. Avec lui tombent douze compagnons : treize morts, un seul survivant.

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Né le 21 décembre 1949 à Yako, selon l'Encyclopædia Britannica, Sankara arrive au pouvoir le 4 août 1983 et rebaptise un an plus tard la Haute-Volta en Burkina Faso, « le pays des hommes intègres ». En quatre ans, son gouvernement fait vacciner environ 2,5 millions d'enfants contre la méningite, la fièvre jaune et la rougeole, plante plus de dix millions d'arbres contre l'avancée du désert, creuse des puits et nationalise les terres, rapportent Pambazuka News et le site de référence thomassankara.net. Plus de 350 communautés bâtissent leur école de leurs propres mains.

Les droits des femmes sont au cœur du projet : excision, mariage forcé et polygamie interdits, femmes nommées au gouvernement et recrutées dans l'armée, congé de grossesse pendant les études. Sankara instaure même une journée de solidarité où les hommes doivent aller au marché et tenir la maison. La chercheuse Amber Murrey rappelle toutefois, dans Pambazuka News, que la présence de femmes au pouvoir ne valait pas égalité automatique.

Un bilan fort, des chiffres à manier avec prudence

Story Africa ne transforme pas cet héritage en icône intouchable : les chiffres les plus cités méritent la prudence. Le taux d'alphabétisation passé de 13 % en 1983 à 73 % en 1987, repris par thomassankara.net, reste une estimation contestée, et Pambazuka évoque plutôt un taux de scolarisation d'environ 12 % qui aurait doublé en deux ans. Le nombre d'enfants vaccinés varie, selon les sources, entre deux et 2,5 millions.

Trente-quatre ans avant le verdict

Dès le soir du 15 octobre 1987, Blaise Compaoré, compagnon d'armes devenu rival, devient président. Il niera toute implication, affirmant être resté chez lui, malade, et gardera le pouvoir vingt-sept ans, jusqu'à l'insurrection de 2014. Le mouvement citoyen Balai Citoyen avait fait de l'impunité pour Sankara et pour le journaliste Norbert Zongo un levier de mobilisation : sans ce travail militant, le procès n'aurait pas eu lieu, estime The Conversation.

Ouvert en octobre 2021, plus de trente-quatre ans après les faits, le procès devant le tribunal militaire de Ouagadougou aboutit le 6 avril 2022 : onze hommes sont déclarés coupables d'atteinte à la sûreté de l'État, de complicité d'assassinat et de recel de cadavre. Compaoré est condamné à la perpétuité par contumace — réfugié en Côte d'Ivoire, il n'a jamais été extradé — comme Hyacinthe Kafando et Gilbert Diendéré. Les autres peines vont de trois à vingt ans ferme et trois accusés sont acquittés, détaille le média burkinabè Burkina24.

À retenir

Le 15 octobre 1987, en un quart d'heure, le Burkina Faso a perdu un président de 37 ans et douze de ses compagnons. Il a fallu trente-quatre ans et une insurrection populaire pour qu'un tribunal africain nomme les coupables, et le principal condamné vit toujours libre hors du pays.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.