17 octobre 1961 : des Algériens jetés dans la Seine à Paris, trois morts seulement reconnus

Le 17 octobre 1961 au soir, des dizaines de milliers d'Algériens de la région parisienne manifestent sans armes contre un couvre-feu qui ne visait qu'eux. La police du préfet Maurice Papon rafle, frappe, tire et jette des manifestants dans la Seine. Soixante-cinq ans plus tard, l'État français n'a toujours pas établi le nombre de ses morts.
Le contexte est celui de la fin de la guerre d'Algérie, le FLN négociant à Évian depuis avril 1961. Les Algériens de la Seine, estimés à 150 000 selon l'encyclopédie Larousse, servent de cible. Le 5 octobre 1961, la préfecture de police impose aux « Français musulmans d'Algérie » un couvre-feu de 20 h 30 à 5 h 30. Papon, ancien préfet de Constantine, engage ses hommes à rendre « dix coups pour un coup reçu ».
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La Fédération de France du FLN appelle à braver ce couvre-feu sans répondre aux provocations. Des familles défilent, femmes et enfants compris : environ 22 000 personnes selon Larousse, près de 30 000 selon le rapport Mandelkern de 1998, cité par AllAfrica.
Plus de 11 000 Algériens sont arrêtés et parqués au Palais des Sports, au parc des expositions de la porte de Versailles et au stade Coubertin, où les violences durent plusieurs jours. D'autres sont abattus ou précipités dans le fleuve, près du pont Saint-Michel, à quelques mètres de la préfecture.
Un bilan que la République n'a jamais établi
Le nombre de morts varie de 32 à 285 selon les sources recensées par Larousse. L'historien Jean-Luc Einaudi a avancé jusqu'à 200 victimes ; Jean-Paul Brunet documente une trentaine de meurtres établis et jusqu'à une cinquantaine crédibles. En 1961, la préfecture n'en reconnaissait que deux ; trois décès seulement sont officiellement imputés à cette nuit.
Cet écart est le produit d'une politique du silence : publications saisies, commission d'enquête parlementaire refusée. Les photographies d'Élie Kagan et des témoignages de journalistes sauvèrent les faits de l'oubli, avant que la charge policière du métro Charonne, le 8 février 1962, ne recouvre l'affaire.
La reconnaissance est venue à reculons : plaque au pont Saint-Michel en 2001, hommage de François Hollande le 17 octobre 2012, crimes jugés « inexcusables pour la République » par Emmanuel Macron le 16 octobre 2021, sans excuses formelles. Le 28 mars 2024, l'Assemblée nationale a condamné par 67 voix contre 11 une « répression sanglante et meurtrière » menée sous l'autorité de Papon, d'après Le Petit Journal.
La journée nationale de commémoration réclamée par ce texte n'a jamais été inscrite au calendrier officiel. Pour les familles algériennes et la diaspora africaine en France, l'enjeu reste entier : ouvrir les archives, nommer les disparus, réparer.
À retenir
Le 17 octobre 1961, la police française a réprimé dans le sang une manifestation pacifique d'Algériens à Paris : de 32 à près de 300 morts selon les historiens, trois reconnus officiellement. Soixante-cinq ans après, les noms des disparus restent à arracher aux archives.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


