3 octobre 1935 : 200 000 soldats italiens envahissent l'Éthiopie

Story Africa·3 octobre 2026·2 min de lecture
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Le 3 octobre 1935 à l'aube, environ 200 000 soldats italiens franchissent le fleuve Mareb depuis l'Érythrée coloniale et entrent en Éthiopie, sous le commandement du général Emilio De Bono. Une seconde colonne, menée par Rodolfo Graziani, attaque depuis la Somalie italienne. Benito Mussolini veut effacer l'humiliation d'Adwa, où l'Éthiopie avait écrasé l'armée italienne en 1896, et s'emparer de ce qui est alors, selon l'Encyclopædia Universalis, « un des rares États indépendants » du continent.

Les gaz contre les villages et les troupeaux

L'invasion suit un incident de frontière soigneusement préparé, note la même encyclopédie, et sera emportée par la chimie : Mussolini autorise le gaz moutarde le 28 décembre 1935 et l'aviation italienne en déverse 330 tonnes en quatre mois, en violation du protocole de Genève de 1925, visant aussi les points d'eau des civils.

Devant la Société des Nations, à Genève, le 30 juin 1936, l'empereur Haïlé Sélassié décrit en amharique des avions équipés de pulvérisateurs répandant « une pluie fine et mortelle » sur les soldats, les femmes, les enfants et les pâturages.

Une Société des Nations qui regarde ailleurs

Cinquante États avaient pourtant voté des sanctions contre l'Italie le 18 novembre 1935. Elles resteront lettre morte : ni le pétrole, ni le charbon, ni l'acier ne sont visés, et Londres laisse le canal de Suez ouvert aux navires italiens. Addis-Abeba tombe le 5 mai 1936, Mussolini proclame l'annexion le 9 mai. Le 30 juin, la motion de l'empereur refusant la conquête est repoussée par 23 voix contre 1 ; les sanctions sont levées le 4 juillet.

Le choc qui a réveillé le panafricanisme

Pour l'Afrique et la diaspora, l'agression est vécue comme une guerre raciale contre le dernier grand État africain souverain. Des manifestations éclatent à Harlem, au Cap, à Londres, à Kingston et à Nairobi, des dockers refusent de charger les navires italiens, des fonds sont collectés pour l'aide médicale, rappelle une étude de Cambridge University Press. À Londres naît en 1935 l'International African Friends of Abyssinia, présidée par C. L. R. James, avec Jomo Kenyatta comme secrétaire honoraire et Amy Ashwood Garvey comme trésorière ; George Padmore et Ras Makonnen les rejoignent. Ce réseau donnera l'International African Service Bureau.

L'Éthiopie, elle, ne capitule jamais. Les arbegnoch, les « patriotes », harcèlent l'occupant cinq années durant, derrière Abebe Aregai ou Belay Zeleke, malgré des représailles massives : le massacre d'Addis-Abeba du 19 février 1937 aurait fait de 1 400 à 19 000 morts, 30 000 selon les sources éthiopiennes. Le bilan global reste disputé : l'Éthiopie avançait 760 300 morts en 1946, chiffre que l'historien Angelo Del Boca juge gonflé, quand d'autres qualifient la guerre de génocidaire. La capitale est reprise le 6 avril 1941.

À retenir

Le 3 octobre 1935, l'Éthiopie a été envahie parce qu'elle était libre. Sa résistance, autant que l'indifférence des grandes puissances, a convaincu une génération de militants africains qu'ils ne devraient leur libération qu'à eux-mêmes.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.