En 30 secondes
- Il y a 104 ans, dans la Vallée des Rois, une marche dégagée par un ouvrier égyptien ouvrait le tombeau le plus célèbre du monde.
- Carter a nommé quatre de ses hommes ; les autres sont restés anonymes.
Le 4 novembre 1922, dans la Vallée des Rois, en Haute-Égypte, un ouvrier égyptien dégage une marche taillée dans la roche, sous les huttes des bâtisseurs du tombeau de Ramsès VI. Cette marche mène au tombeau de Toutânkhamon, la découverte archéologique la plus célèbre du XXe siècle. Son nom à lui n'a jamais été inscrit nulle part.
La saison avait commencé trois jours plus tôt, selon la World History Encyclopedia. C'était la sixième, et en principe la dernière : le mécène britannique Lord Carnarvon finançait sans résultat les fouilles de l'archéologue Howard Carter.
Douze marches et un sceau intact
Le 5 novembre au soir, douze marches sont dégagées et le haut d'une porte murée apparaît, frappée du sceau de la nécropole royale. Carter fait recouvrir l'escalier et attend son mécène, qui débarque le 20 novembre. Le 23 novembre, un couloir de neuf mètres est vidé ; Carter perce la seconde porte, y glisse une bougie et répond à Carnarvon qui l'interroge : « des choses merveilleuses ». Wikipédia situe la scène le 26 novembre : les récits divergent de quelques jours.
La chambre funéraire est ouverte le 16 février 1923 devant les officiels égyptiens. Plus de cinq mille objets en sortiront, et il faudra dix ans pour tout dégager.
Cinquante ouvriers, quatre noms
Rien n'aurait été possible sans la main-d'œuvre égyptienne. Le Griffith Institute de l'université d'Oxford, qui conserve les archives de la fouille, estime que Carter s'appuyait sur une cinquantaine d'ouvriers locaux et des dizaines d'enfants. Ce sont eux qui démontent les chapelles dorées, percent le mur de la chambre funéraire, portent les caisses jusqu'aux barges du Nil. Dans ses publications, Carter n'a nommé et remercié que ses quatre reis : Ahmed Gerigar, Gad Hassan, Hussein Abu Awad et Hussein Ahmed Said.
Les autres sont restés invisibles. Leurs noms « n'ont pas été enregistrés dans les récits officiels », écrit l'institut d'Oxford, qui reconnaît que ses propres archives offrent un regard « très eurocentrique ». La chercheuse égyptienne Hend Mohamed Abdel Rahman travaille désormais à leur rendre une identité. Qui a trouvé la première marche reste débattu : Carter parle de ses ouvriers, d'autres récits d'un garçon creusant hors de la zone assignée, et des versions récentes citent le porteur d'eau Hussein Abdel-Rassoul, une attribution que l'historienne Christina Riggs juge confuse.
Le trésor qui n'a pas quitté l'Égypte
L'usage, alors, voulait que les trouvailles soient partagées par moitié entre l'Égypte et le mécène étranger. Toutânkhamon y a échappé. En février 1922, Londres avait reconnu unilatéralement l'indépendance de l'Égypte, et le Service des antiquités relevait désormais d'un ministre égyptien. L'accord de 1924 écarte tout partage : l'essentiel du mobilier funéraire reste au Musée égyptien du Caire.
À retenir
Le 4 novembre 1922, ce sont des mains égyptiennes qui ont touché la première marche du tombeau de Toutânkhamon. L'Égypte a gardé le trésor ; elle attend encore que l'histoire rende leurs noms à ceux qui l'ont déterré.
Sources et crédits photo
- Griffith Institute, université d'Oxford – « The Egyptian workforce »
- World History Encyclopedia – Découverte de la tombe de Toutânkhamon
- Wikipedia – Discovery of Tutankhamun's tomb
Photo : Harry Burton · Public domain, via Wikimedia Commons · photo d'illustration
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées.
