5 novembre 1956 : les paras sautent sur Port-Saïd, et l'Égypte de Nasser gagne la crise de Suez
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5 novembre 1956 : les paras sautent sur Port-Saïd, et l'Égypte de Nasser gagne la crise de Suez

5 novembre 2026 · 2 min de lecture

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  • Le 5 novembre 1956, les parachutistes britanniques et français tombent sur Port-Saïd.
  • Le lendemain à minuit tout est fini : l'Égypte garde son canal et deux empires coloniaux reculent.

Le 5 novembre 1956, des parachutistes britanniques et français tombent sur Port-Saïd et Port-Fouad, de part et d'autre du canal de Suez, en Égypte. Britannica et le site d'histoire Hérodote situent l'assaut « les 5 et 6 novembre ». C'est le dernier acte de ce que les Égyptiens appellent « l'agression tripartite ».

Un canal repris, une invasion préparée en secret

Le 26 juillet 1956, Gamal Abdel Nasser annonce la nationalisation de la Compagnie du canal de Suez, entreprise conjointe britannique et française qui l'exploitait depuis 1869, rappelle l'Office of the Historian du département d'État américain. La crise était née du refus américain et britannique de financer le haut barrage d'Assouan, qu'ils avaient promis, note Britannica. Londres et Paris engagent plutôt des consultations militaires secrètes avec Israël : le plan commun est d'envahir l'Égypte et de renverser Nasser.

Le 29 octobre, les forces israéliennes traversent le Sinaï et avancent à moins de dix milles du canal. Le 30, un ultimatum franco-britannique ordonne aux combattants de s'en éloigner : Israël s'incline, Nasser refuse. Les bombardements commencent le 31 octobre.

Port-Saïd : 1 360 civils tués, et une résistance de quartier

Le 5 novembre, les bombardements atteignent leur pic, raconte le média égyptien indépendant Mada Masr : centrales électriques et dépôts pétroliers visés, les quartiers d'Abadi et de Manakh en flammes. Selon l'historienne Alia Mossallam, qui a recueilli les témoignages des habitants pour ce média, 1 360 hommes, femmes et enfants ont été tués à Port-Saïd en cinquante-quatre jours de siège, la plupart pendant ces nuits-là — des morts absents des livres d'histoire, écrit-elle.

La ville n'a pas été prise sans réponse : des civils ont tiré au fusil sur les avions depuis les toits, des femmes ont fait passer des armes par le lac Manzala grâce à des pêcheurs, et des comités populaires, formés par les communautés grecque, italienne, soudanaise et nubienne, ont protégé les biens et distribué les ressources, rapporte Mada Masr. Dans la nuit du 4 novembre, Nasser était parti discrètement du Caire vers Port-Saïd.

Une défaite militaire devenue victoire politique

L'opération ne survit pas aux deux grands. À peine les paras au sol, les Soviétiques menacent d'intervenir avec des fusées nucléaires, écrit Hérodote ; Washington pousse ses alliés à accepter un cessez-le-feu de l'ONU le 6 novembre, précise l'Office of the Historian. Ce 6 novembre 1956, à minuit, l'expédition de Suez s'arrête. Les troupes franco-britanniques évacuent le 22 décembre 1956, Israël le Sinaï en mars 1957, d'après Britannica.

Nasser sort de la crise en vainqueur et en héros du nationalisme arabe et égyptien, écrit Britannica. Pour Hérodote, ce cessez-le-feu « sonne pour la France et la Grande-Bretagne la fin de l'ère coloniale » et annonce « l'émergence du tiers monde ».

À retenir

Les paras franco-britanniques tombent sur Port-Saïd le 5 novembre 1956, mais l'expédition s'arrête dès le lendemain sous la pression américaine et soviétique. L'Égypte garde le canal de Suez, au prix de 1 360 civils tués dans une seule ville.

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