5 octobre 1988 : la jeunesse d'Alger fait tomber le parti unique

Le 5 octobre 1988, la jeunesse d'Alger descend dans la rue et fait vaciller le parti unique qui gouverne l'Algérie depuis l'indépendance de 1962. Partie de Bab El Oued dans la nuit du 4 au 5 octobre selon Jeune Afrique, la révolte gagne la capitale, puis Oran et Annaba, d'après la revue américaine MERIP.
Le contre-choc pétrolier a précédé la révolte
Avant les pierres, il y a les chiffres. L'effondrement des prix des hydrocarbures en 1986 assèche les recettes d'un État qui vit du pétrole et du gaz. Sa dette extérieure passe de 20,5 milliards de dollars fin 1986 à 25 milliards fin 1988, selon l'Annuaire de l'Afrique du Nord ; en 1989, son remboursement absorbe plus de la moitié des exportations de biens et de services. L'austérité se traduit en pénuries et flambée des prix.
La facture est payée par les plus jeunes : le nombre de chômeurs grimpe de 658 000 en 1985 à 1,2 million en 1987, alors que près de 44 % des Algériens ont moins de 15 ans. C'est cette génération, qui dénonce la « hogra » — le mépris des puissants, rappelle Jeune Afrique — qui prend la rue.
159 morts selon l'État, plus de 500 selon les ONG
La réponse du pouvoir est militaire : état d'urgence, couvre-feu et loi martiale sur Alger et sa périphérie, selon MERIP. Le 9 octobre, une marche conduite par l'imam Ali Benhadj est fauchée par les tirs : une trentaine de manifestants sont tués. Le président Chadli Bendjedid s'adresse au pays le 10 octobre et annonce des réformes.
Le bilan, lui, reste disputé. L'État reconnaît 159 morts ; les organisations de défense des droits humains avancent plus de 500 tués, rapporte Jeune Afrique. MERIP cite 7 000 arrestations officielles, d'autres décomptes évoquent 15 000 interpellations, et de nombreux témoignages font état de tortures. Les sources divergent toujours.
Les concessions arrachées sont réelles. La Constitution du 23 février 1989 efface la référence au socialisme, reconnaît le droit de créer des associations « à caractère politique » et ouvre la voie au multipartisme, à la liberté syndicale et à la presse libre. En janvier 1990, vingt partis sont légalisés, selon MERIP.
La parenthèse sera courte : l'armée annule le scrutin de 1991 et le pays bascule dans une guerre civile qui fait 200 000 morts selon le bilan officiel. Reste la matrice d'octobre 1988 : des citoyens africains sans armes obtenant en six jours ce qu'aucun congrès de parti ne leur avait concédé.
À retenir
Le 5 octobre 1988, des jeunes Algériens étranglés par la dette et l'austérité ont brisé le monopole du FLN, au prix de 159 morts selon l'État et de plus de 500 selon les ONG. Les libertés conquises dans la rue restent fragiles tant que les urnes ne sont pas respectées.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.
Sources
- Algérie : trente ans après la révolte et les avancées d'octobre 1988, l'amère désillusion — Jeune Afrique
- 1988 October Riots — Wikipedia
- Chadli's Perestroika — MERIP, Middle East Report, mars 1990
- La dette extérieure algérienne — Annuaire de l'Afrique du Nord, 1989
- Émeutes en Algérie, octobre 1988 — Perspective Monde, Université de Sherbrooke

