9 octobre 1962 : l'Ouganda met fin à 68 ans de protectorat britannique

Le 9 octobre 1962, l'Ouganda accède à l'indépendance et met fin à soixante-huit ans de protectorat britannique. Milton Obote devient Premier ministre d'un pays d'environ six millions d'habitants. L'émancipation reste partielle : Élisabeth II demeure reine d'Ouganda, représentée par un gouverneur général, Sir Walter Coutts.
Avant le drapeau, un roi qui n'a jamais plié
Le plus lu du momentCeuta : plus de 3 000 migrants évacués de la plage du Trampolín avant la visite du roi d'Espagne →Ce territoire n'avait pourtant pas été conquis sans combat. Dans le royaume du Bunyoro, l'Omukama Cwa II Kabalega, né le 18 juin 1853, tient tête aux empires : en 1872, il défait les troupes de Sir Samuel Baker. Avec ses abarusura, une armée permanente, il résiste près de cinq ans à la guerre déclarée le 1er janvier 1894. Les sources diffèrent sur les bornes de son règne : 1869-1899 ou 1869-1898.
Le 9 avril 1899, blessé par balle au bras, Kabalega est capturé avec son allié le Kabaka Mwanga II du Buganda, par des chefs baganda ralliés aux Britanniques. Déporté à Kismayu puis aux Seychelles, il y passe vingt-quatre ans et meurt à Jinja le 6 avril 1923, sur le chemin du retour. Le quotidien ougandais Daily Monitor relève qu'il n'a longtemps eu à Kampala ni rue ni statue, quand le récit colonial en faisait un tyran.
Un protectorat, un impôt, une fracture
La mise sous protection britannique est annoncée le 18 juin 1894. L'accord de 1900 scelle le système : il renforce les chefs bakungu du Buganda et instaure un impôt sur les huttes et sur les fusils. Londres gouverne par le Buganda et creuse un déséquilibre entre le sud et le nord dont la vie politique ougandaise ne s'est jamais remise.
Le 30 novembre 1953, le gouverneur Andrew Cohen dépose et déporte à Londres le Kabaka Mutesa II, hostile à un projet de fédération d'Afrique orientale. Deux ans plus tard, Cohen doit le rétablir : Mutesa rentre à Kampala le 17 octobre 1955, monarque constitutionnel.
Une victoire, puis une désillusion
Aux élections d'avril 1962, l'UPC d'Obote obtient 43 sièges, le parti royaliste Kabaka Yekka 24 et le Democratic Party de Benedicto Kiwanuka 24. Leur alliance porte Obote au pouvoir. Le 9 octobre 1963, un an jour pour jour après l'indépendance, l'Ouganda devient une république et Mutesa II prend une présidence honorifique.
L'attelage ne tient pas : rupture en août 1964, cinq ministres arrêtés en février 1966, Constitution suspendue, puis l'assaut du palais royal le 24 mai 1966 par le colonel Idi Amin Dada, alors protégé d'Obote. Mutesa fuit et meurt à Londres le 21 novembre 1969. La souveraineté des citoyens, elle, restait à conquérir.
À retenir
Le 9 octobre 1962, l'Ouganda redevient maître de son destin. Mais cette date reste inséparable du 9 avril 1899, quand l'Empire britannique déportait Kabalega aux Seychelles pour avoir refusé de se soumettre.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.





