Afrique du Sud : après la mort d'Elizabeth Moselakgomo, les coureuses s'organisent pour continuer à courir

Elizabeth Moselakgomo, 38 ans, était une passionnée de course à pied. Elle a disparu le 9 septembre 2026 près de Kempton Park, dans la province du Gauteng, et son corps a été retrouvé trois jours plus tard. Elle laisse une fille de 8 ans. Depuis, des coureuses sud-africaines ont décidé de ne pas renoncer, mais de changer leur manière de sortir, rapportent Africanews et le site sud-africain IOL.
Nancy Masha, 39 ans, court chaque jour à Johannesburg avec un couteau et une bombe lacrymogène. « Notre coureuse a été brutalement tuée. J'ai besoin de me protéger », dit-elle à IOL. Elle refuse d'arrêter.
Une logistique de la peur
Les dispositifs décrits par ces femmes composent un protocole complet. Chulumanco Mahamba, 31 ans, a réduit ses sorties à deux fois par semaine, partage sa position en direct avec ses proches et leur envoie une photo de sa tenue avant de partir, pour qu'on puisse la décrire en cas de disparition. Babalwa Melitafa, 46 ans, ne court plus que dans une enceinte fermée. Andiswa Siwela, 43 ans, réalisatrice installée au Cap, garde ses clés de voiture serrées dans la main.
Toutes ne sont pas convaincues par l'armement. « Nous ne sommes pas formées à utiliser ces choses », objecte Hlompho Matji, 47 ans, analyste de données, citée par IOL. La question déplace la charge de la sécurité sur les victimes potentielles plutôt que sur l'État.
C'est aussi ce que dit Nkululeko Molosi, 47 ans, capitaine du club Sunrise Athletics : selon lui, des coureuses ne devraient pas avoir à choisir entre leur passion et leur sécurité, rapporte Africanews.
Les chiffres derrière les témoignages
Dix corps de femmes ont été découverts en deux mois autour de Kempton Park et dans les environs, le dixième à Soweto le 20 septembre, selon Africanews. La police enquête sur l'hypothèse d'un ou plusieurs tueurs en série. Trois personnes ont été arrêtées, un homme et deux femmes, poursuivis dans deux affaires distinctes selon IOL ; elles bénéficient de la présomption d'innocence tant qu'aucun jugement n'est rendu.
Du 1er au 16 septembre, le centre national d'appels contre les violences de genre a reçu 6 782 sollicitations, soit 424 par jour en moyenne, une hausse de 21 % par rapport au mois d'août. Le président Cyril Ramaphosa a qualifié les souffrances des femmes sud-africaines de « honte nationale ».
En Afrique du Sud, la course à pied est un loisir populaire et une fierté sportive nationale. Le fait que des femmes doivent aujourd'hui négocier chaque sortie dit la distance entre les droits inscrits dans la Constitution du pays, l'une des plus protectrices du continent, et la sécurité réellement garantie. Les coureuses citées posent toutes la même exigence : pouvoir courir sans peur.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.