Algérie : un projet de code pénal rétablit la peine de mort pour les incendiaires

L'Algérie s'apprête à rouvrir un dossier fermé depuis plus de trente ans. Le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaâ, a présenté le lundi 21 septembre 2026 devant la commission des affaires juridiques de l'Assemblée populaire nationale un projet de révision du code pénal instaurant la peine de mort pour les auteurs d'incendies volontaires et pour les enlèvements d'enfants, selon Radio France Internationale.
Le ministre a justifié l'urgence du texte par des consignes venues du sommet de l'État : il a évoqué « des instructions strictes, venant du président de la République », Abdelmadjid Tebboune, pour préparer rapidement un nouveau texte sur la peine capitale. Le projet vise non seulement les auteurs directs, mais aussi les instigateurs, les financiers et les organisateurs, et prévoit des peines aggravées lorsque l'enlèvement d'un mineur est accompagné de torture ou d'agression sexuelle.
Un moratoire de fait depuis 1993
L'Algérie n'a procédé à aucune exécution depuis 1993, un moratoire de fait qui n'a jamais été inscrit dans la loi : les tribunaux continuent de prononcer des condamnations à mort, notamment dans les affaires de terrorisme, sans qu'elles soient exécutées. Amnesty International recensait au moins 273 personnes sous sentence capitale en Algérie à la fin de 2025.
Le déclencheur du projet est la série d'incendies de forêt meurtriers du mois d'août 2026, qui ont officiellement coûté la vie à douze personnes. Le pays avait déjà connu un précédent lourd : en 2023, plus de cinquante personnes avaient été condamnées à mort pour le meurtre d'un homme accusé à tort d'avoir allumé des feux mortels — une affaire qui illustre le risque d'erreur judiciaire dans un climat d'émotion collective.
Les organisations de droits humains en première ligne
Amnesty International appelle les autorités algériennes à abandonner immédiatement tout projet d'extension de la peine capitale et à transformer le moratoire de fait en moratoire officiel, première étape vers l'abolition. La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et un collectif d'associations, dont celui pour la sauvegarde de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme, ont signé une tribune exigeant le maintien du moratoire et le respect des engagements internationaux d'Alger. Pour ces organisations, la peine de mort n'a jamais dissuadé les incendiaires de passer à l'acte.
Le débat dépasse les frontières algériennes : plusieurs pays du continent ont renoncé à la peine capitale au cours des dernières années, et un retour aux exécutions en Algérie marquerait une rupture dans cette tendance. Le texte doit encore être examiné par les députés avant tout vote.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.