Eswatini : un Laotien expulsé par les États-Unis libéré après quatorze mois de prison, 26 détenus toujours enfermés

Story Africa·5 octobre 2026·2 min de lecture
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Eswatini : un Laotien expulsé par les États-Unis libéré après quatorze mois de prison, 26 détenus toujours enfermés
Photo : Dietmar Rabich · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

Phone Chomsavanh, ressortissant laotien expulsé des États-Unis vers l'Eswatini en juillet 2025, a été libéré de la prison de Matsapha le dimanche 4 octobre 2026, après plus de quatorze mois de détention. Il a été acheminé vers Johannesburg, en route pour le Laos, selon l'Associated Press, qui cite son avocat américain Tin Thanh Nguyen.

« Il est resté assis là pendant plus d'un an. Aucune notification, aucune audience », a déclaré l'avocat à l'agence. Chomsavanh faisait partie d'un premier groupe de cinq hommes débarqués d'un avion militaire américain le 15 juillet 2025. Tous avaient purgé leur peine aux États-Unis avant d'être expulsés vers un pays dont ils ignoraient jusqu'au nom.

Trente-deux personnes, vingt et une nationalités

Selon le registre tenu par l'organisation Third Country Deportation Watch, trente-deux personnes ont été transférées des États-Unis vers l'Eswatini au cours de cinq vols : le 15 juillet 2025, le 6 octobre 2025, le 11 mars 2026, le 8 juillet 2026 et le 27 août 2026. Elles sont originaires d'une vingtaine de pays, dont le Tchad, l'Éthiopie, la Somalie, la Tanzanie, le Soudan, la RDC, le Kenya, le Cameroun et la Mauritanie, mais aussi le Vietnam, le Yémen, Cuba, la Jamaïque, Haïti ou le Mexique.

Au 10 septembre 2026, vingt-six de ces trente-deux personnes restaient détenues sans décision de justice les y autorisant, toujours selon cette même source. Quelques-unes ont pu être rapatriées vers la Jamaïque, le Cambodge ou le Yémen. Depuis le lancement du programme américain en 2025, environ 500 personnes ont été expulsées vers des pays africains, dont une trentaine vers l'Eswatini, rapporte l'AP.

Un accord payé 5,1 millions de dollars

Mbabane a reçu 5,1 millions de dollars de l'administration Trump dans le cadre de cet arrangement, selon l'AP. Le contenu exact de l'accord n'a jamais été rendu public. Le porte-parole du gouvernement eswatinien n'a pas confirmé immédiatement la libération ; Washington n'a pas commenté ce cas.

La justice du royaume a pourtant posé des bornes : en avril 2026, la Cour suprême d'Eswatini a confirmé le droit de ces détenus à l'accès à un avocat, après une décision de première instance d'octobre 2025 restée suspendue en appel.

L'affaire pose une question qui dépasse largement le sort d'un homme. Des États africains acceptent, contre financement, d'enfermer sur leur sol des personnes expulsées par une puissance étrangère, sans procès et sans base légale nationale rendue publique.

L'affaire pose une question qui dépasse largement le sort d'un homme. Des États africains acceptent, contre financement, d'enfermer sur leur sol des personnes expulsées par une puissance étrangère, sans procès et sans base légale nationale claire. Le Rwanda et le Burundi ont été cités dans des arrangements comparables.

Défendre la souveraineté africaine, c'est aussi refuser que le continent devienne le lieu où d'autres déposent ceux dont ils ne veulent plus. Et la dignité due à ces détenus ne dépend pas de leur passeport.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.