Faso Dan Fani : les tisseuses burkinabè décrochent des commandes à 4 millions de francs CFA

Story Africa·5 octobre 2026·2 min de lecture
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Faso Dan Fani : les tisseuses burkinabè décrochent des commandes à 4 millions de francs CFA
Photo : Souleymane Yalgweogo · CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

À Ouagadougou, la tisseuse Denise Kafando, qui travaille le métier depuis 1986 dans le quartier des 1200 Logements, vient de livrer une commande de 4 millions de francs CFA à une banque de la place et une autre de 2 millions à une organisation non gouvernementale, rapporte un reportage de Bird Story Agency signé Oumarou Konaté, publié le 5 octobre 2026 et repris par AllAfrica. Elle dit constater une demande en hausse, au Burkina Faso comme à l'étranger.

Le Faso Dan Fani, le pagne tissé burkinabè, est devenu un instrument de politique économique. Depuis le 24 septembre 2024, l'importation de fils à tisser et de pagnes tissés est interdite sur tout le territoire, dans le cadre de l'initiative « consommons local » portée par le capitaine Ibrahim Traoré. Le tissé est désormais inscrit dans les codes vestimentaires des tribunaux, des écoles, des universités et de l'armée.

Des revenus réels, à l'échelle des ménages

Les prix partent de 6 000 francs CFA le pagne et varient selon la qualité, explique Sidonie Sawadogo, 50 ans, qui tisse à Koubri depuis les années 2000 et attribue les progrès de la filière à un meilleur fil fourni par la filature FILSAH. Chez les productrices de coton biologique, les ordres de grandeur restent modestes : Mamata Konaté, de Koumbogoro dans la province de la Sissili, cultive bio depuis 2010 et déclare 100 000 francs CFA de bénéfice net l'an dernier. Safoura Nébié, vingt ans de métier, dit affecter ses revenus aux fournitures scolaires et aux dépenses du ménage ; sa coopérative Assandani réunit une centaine de femmes.

Contrefaçon et dépendance à l'export

La filière se bat sur deux fronts. D'octobre 2025 à mars 2026, les saisies ont porté sur 319 pièces contrefaites, 174 lots de pagnes et plus de 10 160 bobines de fil, pour une valeur de 20,5 millions de francs CFA. En avril 2026, 31 200 pagnes contrefaits évalués à 156 millions de francs CFA ont été interceptés à la frontière ghanéenne. Pauline Bafiogo, présidente de la Fédération nationale des tisseuses (FENATI-BF), situe l'origine de ces fils en Chine, avec une entrée par le Ghana.

L'autre limite est structurelle. La Société d'égrenage du coton biologique (SECOBIO-SA), créée en 2018 et opérationnelle depuis janvier 2020, exporte 99 % de sa production et n'en vend que 1 % sur le marché national, alors que les femmes représentent près de 60 % de ses producteurs. Autrement dit, la valeur ajoutée du coton bio burkinabè se forme encore largement hors du pays : la souveraineté textile revendiquée se jouera autant dans la transformation locale que dans les douanes.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.