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- Faute d'autorisation gouvernementale, l'essai vaccinal porté par des chercheurs danois et financé par les CDC américains n'aura pas lieu.
- L'OMS l'avait jugé contraire à l'éthique.
L'essai vaccinal contre l'hépatite B qui devait porter sur 14 000 nourrissons de Guinée-Bissau n'aura pas lieu. Le projet, financé par les États-Unis et porté par une équipe de chercheurs danois, a été abandonné faute d'autorisation des autorités bissau-guinéennes, selon une enquête publiée le 5 novembre 2026 par Al Jazeera. Le 19 octobre 2026, la police judiciaire avait perquisitionné les locaux du centre de recherche à Bissau et saisi des lots de vaccins.
Un vaccin retardé pour la moitié des bébés
L'essai, baptisé « hépatite B-NSE », était conçu par le Bandim Health Project, centre de recherche installé à Bissau et rattaché à l'université du Danemark du Sud. Il prévoyait de répartir au hasard les nourrissons en deux groupes : les uns vaccinés à la naissance, comme le recommande l'Organisation mondiale de la santé, les autres six semaines plus tard. Les équipes devaient ensuite suivre leur santé pendant cinq ans. Le projet avait obtenu 1,6 million de dollars des Centers for Disease Control and Prevention américains, toujours selon Al Jazeera.
L'OMS avait tranché
Annoncé en décembre 2025, le protocole avait déclenché une vague de colère. Dans une déclaration du 13 février 2026, l'OMS l'avait jugé contraire à l'éthique. L'enjeu est lourd : en Guinée-Bissau, une personne sur cinq sur 2,2 millions d'habitants vit avec l'hépatite B, une infection qui ne se guérit pas et qui, contractée chez le nourrisson, peut abîmer durablement le foie et provoquer un cancer. Faute de doses suffisantes, l'État n'autorise aujourd'hui la vaccination que dans les six semaines suivant la naissance, et vise 2028 pour vacciner tous les bébés dès le premier jour.
Les chercheurs y voyaient « une fenêtre d'opportunité unique » entre 2026 et 2028 : des milliers d'enfants auraient reçu le vaccin à la naissance avant le calendrier officiel. Leurs contradicteurs ont répondu que l'autre moitié en serait privée, alors que ces familles y auraient eu accès si l'État avait eu les moyens de payer. « Il est contraire à l'éthique de priver des enfants d'une intervention qui marche », a déclaré à Al Jazeera Magda Robalo, ancienne ministre de la Santé de Guinée-Bissau.
Une question de souveraineté scientifique
Mme Robalo a aussi reproché aux chercheurs d'avoir profité de la faiblesse des capacités de recherche du pays. D'autres voix ont rappelé l'étude de Tuskegee, menée en Alabama de 1932 à 1972 sur des hommes noirs atteints de syphilis laissés sans traitement alors que la pénicilline existait ; plus d'une centaine en sont morts. Le Bandim Health Project est dirigé depuis 1978 par Christine Stabell Benn et Peter Aaby, qui défendent l'hypothèse que certains vaccins à virus inactivés pourraient avoir des effets non désirés. Mme Benn a nié tout manquement dans un courriel adressé à Al Jazeera en février 2026.
Frederik Schaltz-Buchholzer, chercheur associé au projet, a écrit que l'essai ne se poursuivra pas en Guinée-Bissau, faute d'« autorisation gouvernementale nécessaire », et y a vu un recul pour la science africaine. Le gouvernement, lui, ne s'était pas exprimé publiquement sur cet arrêt à la date du 5 novembre 2026 ; les autorités indiquent poursuivre leurs vérifications sur le respect des normes nationales de sécurité. En janvier 2026, Bissau avait déjà suspendu le projet et ouvert une enquête avec l'Africa CDC et l'OMS.
Sources et crédits photo
Photo : jbdodane · CC BY 2.0, via Wikimedia Commons · photo d'illustration
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées.
