Karité : l'Afrique de l'Ouest ferme ses frontières aux amandes pour garder le beurre et la valeur

La campagne 2026 du karité s'ouvre sous tension en Afrique de l'Ouest, où plusieurs États ont fermé ou verrouillé l'exportation des amandes pour réserver la matière première à leurs propres unités de transformation, rapportait l'Agence Ecofin le 6 octobre 2026.
Le Mali, le Nigeria et la Côte d'Ivoire appliquent une interdiction totale de sortie des amandes. Le Burkina Faso impose une autorisation spéciale, la cession de 25 % des volumes aux unités locales et un prélèvement de 200 FCFA par kilo. Le Togo exige une autorisation préalable et taxe à 100 FCFA le kilo. Le Bénin maintient les échanges, mais avec une taxe élevée à l'exportation. Le Ghana a annoncé en juillet 2025 un blocage progressif, qui n'est pas encore entré en vigueur.
Des prix au kilo qui varient du simple au double
Les écarts de prix bord-champ racontent cette fragmentation. Selon le service d'information N'kalô, l'amande se négocie entre 575 et 675 FCFA le kilo au Ghana, contre 325 à 330 FCFA au Togo, 280 à 320 FCFA au Nigeria, 275 à 290 FCFA au Burkina Faso et 260 à 310 FCFA au Bénin. Pour les femmes qui ramassent les noix — l'essentiel de la main-d'œuvre de la filière —, quelques kilomètres de frontière peuvent doubler le revenu d'une journée de collecte.
La région a exporté environ 85 000 tonnes de beurre de karité en 2025, d'après les données douanières citées par l'Agence Ecofin.
Une souveraineté encore à l'épreuve
Ces mesures traduisent un choix de fond : cesser d'expédier la matière brute vers les industries cosmétiques et chocolatières du Nord pour réimporter le produit fini. Le raisonnement est juste. Son exécution l'est moins. La Côte d'Ivoire installe une troisième usine de transformation et sa demande intérieure tient ; au Nigeria, des unités sont à l'arrêt ; au Bénin, les transformateurs industriels et semi-industriels continuent d'acheter pour sécuriser leurs volumes. Les capacités régionales dépassent la production effectivement transformée.
« La dynamique est engagée, mais nous ne sommes pas encore arrivés à une situation satisfaisante », résume Anaïs Chotard, analyste chez N'kalô, citée par l'Agence Ecofin.
L'imprévisibilité, principal coût caché
Le reproche des opérateurs ne porte pas sur le principe, mais sur la méthode. « Les opérateurs restent suspendus à des autorisations et des interdictions annoncées du jour au lendemain », note Anaïs Chotard, qui relève aussi un décalage entre les annonces officielles et la réalité du terrain.
Interdire sans capacité de transformation installée, c'est risquer de voir les amandes partir en contrebande et les prix s'effondrer pour les ramasseuses. Le test de cette campagne sera là : vérifier si les usines de la région achètent effectivement les volumes que les frontières retiennent.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.