Le Nil au cœur de la crise : l'Égypte et l'Éthiopie s'expulsent leurs diplomates

Story Africa·3 octobre 2026·2 min de lecture
Partager WhatsApp FacebookXTelegram

L'Égypte et l'Éthiopie, deux des plus anciennes nations du continent, ont rompu les formes les plus élémentaires de la courtoisie diplomatique. Le 1er octobre 2026, Addis-Abeba a ordonné au diplomate égyptien Ahmed Moharam Ahmed Soliman de quitter le territoire éthiopien dans un délai de 48 heures, sans fournir publiquement de motif. Le Caire a répliqué le même jour en déclarant persona non grata un conseiller de l'ambassade d'Éthiopie, avec le même délai, selon Africanews et The National.

Une source officielle égyptienne citée par la presse locale a qualifié la décision éthiopienne de « regrettable et injustifiée ». L'Égypte a dit avoir agi « conformément au principe de réciprocité » et s'être abstenue de commenter la situation intérieure d'un autre État, au nom du droit international et de la Charte des Nations unies.

Le barrage de la Renaissance en arrière-plan

Ces expulsions ne sortent pas de nulle part. Depuis plus d'une décennie, les deux pays s'opposent sur le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), construit sur le Nil Bleu, qui fournit plus de 80 % de l'eau arrivant en Égypte, d'après The National. Le Caire, qui tire du fleuve la quasi-totalité de son eau douce, considère toute réduction de sa part comme une question de survie. Addis-Abeba, elle, voit dans ce barrage le moteur électrique de son développement et l'affirmation de son droit à disposer de ses propres ressources. Deux souverainetés légitimes, un seul fleuve : c'est tout le dilemme du bassin du Nil.

Une escalade régionale

Le contexte militaire aggrave tout. L'Éthiopie accuse l'Égypte, l'Érythrée et le Soudan de soutenir le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), engagé contre le gouvernement fédéral ; les trois pays démentent. Quelques jours plus tôt, Addis-Abeba avait fermé l'ambassade d'Érythrée et déclaré dix diplomates érythréens persona non grata, poussant Asmara à rompre ses relations diplomatiques. Selon The National, l'Égypte a par ailleurs étendu sa présence militaire dans les pays voisins de l'Éthiopie, notamment en Somalie.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a assuré laisser « de la place à la diplomatie », tout en précisant que cela ne se ferait pas aux dépens de l'existence de l'Égypte et de son peuple. Reste que ces canaux diplomatiques se referment un à un, au moment précis où la Corne de l'Afrique aurait le plus besoin d'une médiation africaine. Les prochaines semaines diront si les institutions du continent parviennent à ramener Le Caire et Addis-Abeba à la table, ou si le Nil continue de se négocier à coups de valises diplomatiques.

Cet article t'a plu ? Fais-le tourner.

Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone

Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.