Liberia : l'accord prévoyant l'accueil de 1 200 expulsés des États-Unis jugé inconstitutionnel

L'accord par lequel le Liberia accepte de recevoir environ 1 200 personnes expulsées des États-Unis, alors qu'elles ne sont pas de nationalité libérienne, est illégal au regard de la Constitution du pays : c'est la thèse défendue par l'universitaire libérienne Robtel Neajai Pailey, spécialiste des migrations, dans une tribune publiée le 24 septembre 2026 par Al Jazeera.
Son argument est procédural avant d'être moral. Elle rappelle que l'article 34(f) de la Constitution libérienne confie au Parlement le pouvoir d'approuver les « traités, conventions et autres accords internationaux ». Or, selon elle, la Législature n'a ni débattu ni ratifié ce texte, ce qui rendrait son application irrégulière.
Vingt personnes, puis un renvoi vers la Guinée équatoriale
Les premiers arrivants, au nombre de vingt, ont atterri le 20 août 2026 à l'aéroport international Roberts, près de Monrovia, venus notamment du Venezuela et de Cuba, rapporte le Liberian Investigator dans un article du 25 septembre 2026 signé David Menjor. Certains ont refusé de descendre de l'appareil : cinq selon Reuters cité par ce journal, six selon Robtel Neajai Pailey, avant d'être acheminés vers la Guinée équatoriale.
Sur le volet financier, le gouvernement libérien a d'abord démenti avoir perçu une compensation. La chercheuse s'appuie sur un article du New York Times daté du 21 août pour avancer que l'administration américaine a accepté de verser 5 millions de dollars à Monrovia. Elle relève que le Rwanda avait obtenu 7,5 millions de dollars pour l'accueil de sept personnes seulement.
Un accord introuvable à Monrovia, publié à Washington
Le point le plus embarrassant pour les autorités libériennes tient à la transparence : d'après le Liberian Investigator, les responsables ont refusé de communiquer le document à la chercheuse en invoquant la sécurité nationale. Elle a finalement retrouvé le texte sur le site du département d'État américain. Aucune procédure judiciaire n'a été engagée à ce stade, et le gouvernement n'a pas répondu publiquement à l'accusation d'inconstitutionnalité.
Au-delà du droit interne, Robtel Neajai Pailey invoque les articles 5, 8 et 10 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, le protocole de 1967 relatif au statut des réfugiés et la Convention contre la torture, et qualifie l'arrangement de « politiquement problématique, éthiquement suspect et illégal ». Elle demande l'annulation des accords bilatéraux qui, selon elle, affaiblissent la souveraineté du pays.
Le dossier dépasse le Liberia. Plusieurs États africains ont été sollicités comme pays tiers pour recevoir des personnes expulsées par Washington, sans lien avec le continent. La question posée est simple et vaut pour tous : un État africain peut-il monnayer l'accueil de personnes privées de recours, et pour quel prix ?
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.