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Liberia : la loi sur la cybercriminalité accusée de menacer la liberté d'expression

Story Africa·26 septembre 2026·2 min de lecture
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La loi libérienne sur la cybercriminalité, promulguée le 3 juillet 2026 par le président Joseph Nyuma Boakai après plus de quatre ans d'examen parlementaire, fait désormais l'objet d'un débat public sur sa portée réelle. Le texte réprime l'accès non autorisé aux systèmes informatiques, la fraude et la falsification, l'usurpation d'identité et les contenus d'exploitation sexuelle d'enfants. Mais il couvre aussi le cyberharcèlement, les menaces, l'incitation à la violence ou aux dégradations, la diffusion non consentie d'images intimes et une catégorie de « messages de données nuisibles » dont les contours inquiètent les journalistes.

L'avertissement des journalistes ouest-africains

Le président de l'Association des journalistes d'Afrique de l'Ouest (WAJA), Peter Quaqua, estime que plusieurs dispositions sont rédigées de façon trop large et pourraient criminaliser le journalisme, le militantisme et la critique politique, rapporte FrontPage Africa. « Que se passe-t-il quand une loi donne à l'État des pouvoirs illimités ? », interroge-t-il en substance, visant les articles sur le cyberharcèlement, les contenus racistes ou xénophobes et les messages jugés nuisibles.

Le souvenir de la réforme de 2019

Cette inquiétude s'appuie sur un précédent dont le Liberia était fier. En 2019, la loi Kamara Abdullah Kamara avait dépénalisé plusieurs délits de parole, dont la diffamation criminelle et la sédition envers les responsables publics, une avancée saluée dans la région. Peter Quaqua met en garde contre le retour de ces restrictions par la voie du numérique.

Le pouvoir se défend, un sénateur propose des garde-fous

Le sénateur du comté de River Gee, Francis Saidy Dopoh II, qui préside la commission sénatoriale des Postes et Télécommunications, soutient l'application du texte. « Cette loi n'a pas l'intention de faire taire la liberté d'expression », a-t-il affirmé selon allAfrica, assurant que l'opinion honnête, la critique du gouvernement, le journalisme et la contestation pacifique ne sont pas visés. Il réclame la mise en place du Centre national de cybersécurité (LNCC) et de l'équipe d'intervention d'urgence (LCERT), des lignes directrices claires, la formation des forces de l'ordre, un contact d'urgence disponible en permanence et des campagnes de sensibilisation.

Son collègue du comté de Nimba, Nya D. Twayen Jr., soutient l'objectif de la loi mais propose des garanties : obliger les procureurs à prouver l'intention et un préjudice réel, soumettre les affaires impliquant des médias à un contrôle hiérarchique plus élevé, et consulter la société civile avant d'arrêter les directives d'application.

La première affaire ouverte au titre de ce texte concerne l'arrestation de Jerry Nyantee Wrotto, soupçonné de cyberharcèlement envers le vice-président Jeremiah Koung. Aucune décision de justice n'a été rendue à ce stade, et la présomption d'innocence s'applique. C'est sur ce dossier et sur les directives d'application encore à écrire que se jouera la portée réelle de la loi.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.