Malawi : des restes dans les mauvais sacs, raconte un témoin de l'après-crash qui a tué Chilima
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Malawi : des restes dans les mauvais sacs, raconte un témoin de l'après-crash qui a tué Chilima

5 novembre 2026 · 2 min de lecture

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  • Devant la commission parlementaire d'enquête, un cadre clinique de l'hôpital Kamuzu affirme que des restes de victimes différentes se sont retrouvés mélangés, et que des éléments qu'il avait conservés ont disparu.

Des restes appartenant à des victimes différentes ont été retrouvés dans les mauvais sacs mortuaires après le crash aérien qui a tué le vice-président malawien Saulos Chilima, a affirmé un responsable hospitalier devant la commission parlementaire ad hoc chargée d'enquêter. Le témoignage d'Andrew Master Mwale, cadre clinique à l'hôpital central Kamuzu de Lilongwe, a été rapporté le 4 novembre 2026 par le journal malawien Nyasa Times.

Ce que dit le témoin

M. Mwale a expliqué s'être rendu le 11 juin 2024 au funérarium Sunset, à Kanengo, dans la banlieue de Lilongwe, pour récupérer les corps de huit victimes. Il dit avoir fait ouvrir les sacs, étiquetés aux noms des occupants, retirer les couvertures et placer les restes en chambre froide, avec la consigne que personne n'y touche avant les autopsies prévues le lendemain.

Selon son récit, des restes ont ensuite été retrouvés dans des sacs qui n'étaient pas les leurs, et certains éléments placés dans celui de l'ancien vice-président ne correspondaient pas à ce dernier. Il affirme avoir mis de côté des restes, dont une colonne vertébrale qu'il attribuait au major Abdul Lapukeni, dont le corps avait déjà été emporté pour des funérailles musulmanes. Revenu à la morgue un jour plus tard, il ne les a plus retrouvés. Il a également déclaré que des militaires avaient nettoyé pendant la nuit les corps de l'équipage, apparemment pour préparer leur transfert vers leurs familles.

Pourquoi ces auditions comptent

L'appareil s'était écrasé le 10 juin 2024, selon le quotidien malawien The Nation. La mort du vice-président en exercice, ancien cadre du privé devenu l'une des figures politiques les plus suivies du pays, avait sidéré le Malawi. Le Parlement a mis sur pied une commission ad hoc pour reprendre l'examen des faits, devant laquelle M. Mwale a été entendu.

Ces déclarations n'ont été établies par aucune juridiction, et personne n'est à ce stade mis en cause nommément pour la disparition des restes. Le compte rendu de Nyasa Times ne fait état d'aucune réponse de l'armée malawienne ni du funérarium, ne précise pas la date exacte de l'audition et ne donne pas le calendrier des travaux de la commission.

Reste que ce que décrit ce témoin touche au cœur de toute enquête sur une mort violente : la chaîne de conservation des corps. Si des restes ont été mélangés puis déplacés avant les autopsies, les conclusions médico-légales tirées de ces examens deviennent plus difficiles à défendre. Pour les familles des huit victimes et pour les Malawiens, l'enjeu de ces auditions est simple : obtenir une version des faits qui tienne, et pouvoir faire confiance aux institutions chargées de l'établir.

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