Malawi : l'État dit perdre 700 millions de dollars d'or par an, puis 100 millions, sans expliquer l'écart

Le Malawi veut reprendre la main sur son or artisanal. La société publique Malawi Mining Investment Company (Mamico) met en place un dispositif de rachat du métal auprès des orpailleurs d'une centaine de sites, via des centres d'achat à Lilongwe, Kasungu et Nkhotakota, avant revente à la Banque centrale du Malawi (RBM). L'objectif : intercepter l'or avant qu'il ne quitte clandestinement le pays. Mais une analyse publiée le 16 octobre 2026 par le Nyasa Times, reprise par allAfrica, met en doute les chiffres sur lesquels repose tout l'édifice.
Sept fois moins, sans explication
Le plus lu du momentTrump parle d'un « pays totalement différent » : Hargeisa y voit un pas vers la reconnaissance →Au début de l'année, une évaluation d'un mois menée par Mamico chiffrait les pertes dues à la contrebande à plus de 700 millions de dollars par an et identifiait 81 sites miniers illégaux. L'estimation la plus récente avance désormais environ 100 millions de dollars par an, soit sept fois moins, tandis que le nombre de sites rattachés au programme est monté à une centaine. Selon le Nyasa Times, ce nouveau chiffre « n'a jamais été expliqué publiquement » et aucune méthodologie n'a été rendue publique : impossible, écrit le journaliste Collins Mtika, de vérifier l'une ou l'autre des deux estimations.
Un montage encore incomplet
Mamico dit avoir besoin de 85 milliards de kwachas pour les trois premiers mois, puis d'environ 300 milliards de kwachas par an. Deux établissements, FDH Bank et NBS Bank, sont associés au dispositif. Mais l'accord de rachat avec la Banque centrale n'est pas encore signé. Or un autre programme d'achat d'or pour le compte de la RBM existe déjà, porté par l'Export Development Fund, qui avait acquis environ 1,63 tonne d'or en septembre 2026. Le risque de doublon entre deux structures publiques poursuivant le même métal est explicitement pointé.
Pourquoi l'or compte autant à Lilongwe
L'enjeu est monétaire. Les réserves officielles du pays s'établissaient à 600,6 millions de dollars en septembre 2026, soit 2,4 mois d'importations, sous le seuil de trois mois généralement recommandé. En avril 2026, la Banque centrale avait exporté 589,95 kg d'or acheté localement, pour 75,09 millions de dollars. Chaque gramme capté légalement est une bouffée de devises.
Reste la question qui décidera du sort du programme : les orpailleurs. S'ils ne sont pas payés vite et à un prix compétitif, ils continueront de vendre aux intermédiaires informels, avertit l'analyse. Mtika appelle Mamico à publier ses calculs, à clarifier sa coordination avec les dispositifs existants et à fournir des données vérifiables sur la production, les achats et les exportations. Une exigence qui vaut bien au-delà du Malawi : sur un continent dont les ressources partent trop souvent sans laisser de trace, la transparence des chiffres publics est la première condition de la souveraineté minière.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


