« MKO » : treize ans de travail pour un documentaire sur Moshood Abiola, projeté à Lagos

« MKO », documentaire de 108 minutes consacré à Moshood Kashimawo Olawale Abiola, a été projeté le 1er octobre 2026 au Wole Soyinka Centre for Culture and Creative Arts, à Iganmu (Lagos), le jour du 66e anniversaire de l'indépendance du Nigeria. Le film est sorti dans les salles nigérianes dès le lendemain, rapporte Channels Television.
Son réalisateur, le Nigéro-Américain Ose Oyamendan, y a travaillé treize ans, pour un budget de production supérieur à un million de dollars, selon le site Eelive. Le documentaire avait été présenté en avant-première mondiale au Sheffield International Documentary Festival, le 12 juin 2026 — une date hautement symbolique.
Le 12 juin 1993, une victoire confisquée
Le 12 juin 1993, Moshood Abiola, homme d'affaires, patron de presse et candidat à la présidence, remporte le scrutin nigérian. Le régime militaire l'annule. S'ouvre alors un long bras de fer pour la démocratie : Abiola est emprisonné et meurt en détention le 7 juillet 1998.
Le film retrace cette trajectoire à partir d'archives et d'entretiens avec des acteurs centraux de l'époque : l'ancien président militaire Ibrahim Babangida, Abdulsalami Abubakar, Olusegun Obasanjo, Humphrey Nwosu, Baba Gana Kingibe, l'écrivain Wole Soyinka et l'ancien émissaire américain Thomas Pickering, selon Premium Times et Eelive.
Une mémoire filmée, et une salle très officielle
La projection s'est tenue en présence du président Bola Tinubu et de son épouse Oluremi, du président du Sénat Godswill Akpabio, du gouverneur de Lagos Babajide Sanwo-Olu, de celui d'Ogun Dapo Abiodun, du directeur de cabinet Femi Gbajabiamila et de l'ancien gouverneur Segun Osoba. Tinubu, lui-même engagé dans le mouvement pro-démocratie des années 1990, en était l'hôte principal.
Ose Oyamendan dit avoir voulu « préserver l'histoire » d'Abiola et du scrutin de 1993, selon Channels Television. Il affirme aussi que Tinubu avait « risqué sa vie » et la sécurité de sa famille en soutenant le mandat populaire, d'après Premium Times — un hommage qui, prononcé devant le chef de l'État en exercice, situe le film au point de rencontre de la mémoire et du récit politique du présent.
L'histoire récente du continent se raconte encore trop souvent dans des archives et des productions étrangères. Un film africain de cette ampleur, nourri d'entretiens avec ceux qui ont pris les décisions, verse des pièces au dossier et permet aux Nigérians de confronter eux-mêmes les versions. Le déclic du réalisateur fut d'ailleurs une question de son fils de 9 ans, lui demandant pourquoi il filmait l'histoire d'autres pays plutôt que la sienne, raconte Eelive.
Reste à voir si « MKO » trouvera son public, au Nigeria comme à l'étranger. Trente-trois ans après, le débat sur ce qui s'est joué en juin 1993 n'est pas clos.
Reste à voir si « MKO » trouvera son public en salles, et au-delà : la mémoire du 12 juin est devenue une date officielle au Nigeria, mais le débat sur ce qui s'est joué en 1993 n'est pas clos.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.