Nigeria : 57 écoles fermées à Askira-Uba, où la menace des enlèvements vide les classes du Borno

Dans la collectivité locale d'Askira-Uba, au sud de l'État du Borno (nord-est du Nigeria), seules 56 des 113 écoles primaires fonctionnent encore, a déclaré la secrétaire à l'éducation de la collectivité, Fasuma Askira, à Al Jazeera dans un reportage publié le 8 octobre 2026. Avant l'attaque du village de Mussa, 76 établissements étaient ouverts : vingt ont fermé depuis.
La cause est la peur. Amnesty International Nigeria recense au moins 1 100 personnes enlevées dans le nord du pays entre janvier et avril 2026, un bilan que l'organisation juge probablement sous-évalué, de nombreux cas des zones isolées n'étant jamais signalés, rapporte le Nigerian Tribune.
Le plus lu du momentNiger : Moussa Kaka est détenu par l'État, confirme le ministre de la Justice après 36 jours de silence →Des attaques datées, des familles sans nouvelles
Le 15 mai 2026, des combattants présumés ont attaqué Mussa et enlevé des dizaines d'enfants. Le gouvernement de l'État évoque une quarantaine d'enfants toujours portés disparus, tandis qu'un registre cité par des médias en identifie quarante ; les chiffres varient selon les sources. Le 29 juin 2026, la Government Day Secondary School de Lassa a été attaquée pendant des examens nationaux : 36 élèves et un enseignant seraient encore retenus.
Les enlèvements frappent aussi les routes. Le 13 janvier 2026, la sœur de Laraba Dauda, 45 ans, a été enlevée sur l'axe Biu-Buratai. « Nous avons besoin que le gouvernement vienne à notre aide », demande-t-elle à Al Jazeera, plus de six mois après. Le 30 mars, le fils d'Anjikwi Hena, qui venait d'achever ses études et s'apprêtait à partir travailler à Maiduguri, a été enlevé à son tour.
Le prix payé par les familles
Pour réunir les rançons, les proches vendent du bétail, cèdent des biens, empruntent et épuisent leurs économies, selon Al Jazeera. Le directeur d'Amnesty International Nigeria, Isa Sanusi, décrit des victimes retenues des mois durant, exposées à des violences, et rappelle que l'incapacité des autorités à protéger la population constitue, selon lui, une violation de la Constitution nigériane et de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples. L'organisation souligne que la menace éloigne durablement les enfants de l'école, surtout en milieu rural.
Pour l'analyste en sécurité Khalifa Dikwa, cité par Al Jazeera, l'enlèvement est devenu « une activité lucrative » dont les rançons financent armes et recrutements ; il plaide pour des opérations fondées sur le renseignement, des équipements modernes et de meilleures conditions pour les soldats.
La réponse de l'État du Borno
Le commissaire à l'information et à la sécurité intérieure de l'État, Usman Tar, fait état de mesures militaires et non militaires : appui logistique aux forces armées, recours à des volontaires civils, drones dotés de capteurs thermiques, déploiement de soldats et de vigiles à Mussa et à Lassa, poursuites contre les auteurs et aides financières versées par les agences d'urgence de l'État. Les élèves du premier cycle de Mussa ont été transférés dans un internat à Uba. Selon lui, les attaques ont reculé dans certaines zones touchées.
Le Borno est l'épicentre de l'insurrection qui dure depuis plus de quinze ans dans le nord-est nigérian. Mais la statistique la plus parlante n'est pas militaire : c'est le nombre de salles de classe désormais vides, dans une région où l'école reste le premier outil d'émancipation d'une jeunesse nombreuse.
À lire aussi
SociétéLe Bénin réclame 35 nouveaux biens culturels à la France, dont le dieu Gou retenu au Louvre
SociétéCancer du col de l'utérus : le Sénégal vise 25 % de mortalité en moins d'ici 2029, mais dépiste moins de 15 % des femmes
SportBoxe : Christian Mbilli défendra son titre WBC face à Canelo Alvarez le 31 octobre à Riyad
Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone
Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


