Nigeria : à Abuja, la fondation Okapi fait du dépistage précoce son combat contre le cancer de l'enfant

À Abuja, la fondation nigériane Okapi Cancer Foundation a marché le 27 septembre 2026 aux côtés de familles, de soignants et d'enfants guéris pour son dixième anniversaire, rapporte Africanews. Le mot d'ordre de cette Okapi Children Cancer Walk 2026 tient en une idée : au Nigeria comme ailleurs sur le continent, le cancer de l'enfant se soigne quand il est repéré à temps.
Fondée par Oluwakemi Adekanye, l'organisation affirme avoir accompagné plus de 250 enfants atteints d'un cancer et sensibilisé des milliers d'élèves et d'habitants à travers le pays. « Nous allons dans les quartiers, dans les coins reculés, pour impliquer les gens », explique le docteur Ikenna Igbodika, membre de son équipe, cité par Africanews.
Un écart de survie qui n'a rien de naturel
Les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé donnent la mesure de l'injustice. Chaque année, environ 400 000 enfants et adolescents de 0 à 19 ans reçoivent un diagnostic de cancer dans le monde. Dans les pays à revenu élevé, plus de 80 % d'entre eux guérissent ; dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, moins de 30 %.
Cet écart ne tient pas à la biologie de la maladie mais à l'organisation des soins. L'OMS pointe cinq causes de décès évitables : l'absence de diagnostic, le diagnostic erroné ou tardif, les difficultés d'accès au traitement, l'abandon du traitement et la toxicité des soins. Elle relève aussi que seuls 29 % des pays à faible revenu déclarent un accès large aux médicaments contre le cancer de l'enfant, contre 96 % des pays à revenu élevé.
L'institution s'est fixé un objectif : porter le taux de survie à au moins 60 % d'ici 2030, ce qui représenterait un million de vies sauvées sur la décennie.
Faire entrer les enfants dans le budget de la santé
C'est là que se situe la demande politique portée à Abuja. Pour Oluwakemi Adekanye, les progrès dépendront de la mise en œuvre effective du fonds public de santé et de l'inclusion de l'oncologie pédiatrique dans ses financements. Tant que le traitement d'un enfant repose sur la trésorerie de sa famille, un diagnostic devient une sentence économique autant que médicale.
Parmi les marcheurs, Hope Tobi, un enfant guéri, résumait l'esprit de la journée : « La marche était excitante parce qu'à chaque pas que nous faisons, il y a de l'espoir pour les enfants », rapporte Africanews.
Le Nigeria compte la population la plus jeune et la plus nombreuse du continent. Faire du dépistage précoce une routine dans les centres de santé primaires, plutôt qu'une chance réservée aux familles informées, y changerait des milliers de trajectoires.
Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone
Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.