Or de North Mara : la LBMA jugée à Londres pour avoir certifié « responsable » un or tanzanien contesté

La Haute Cour de Londres ouvre le 7 octobre 2026 un procès inédit : la London Bullion Market Association (LBMA), l'organisation qui décide quels lingots peuvent être échangés sur le premier marché de l'or de la planète, doit répondre à la plainte de familles tanzaniennes. Au cœur du dossier, la mort en 2019 de deux orpailleurs âgés de 23 ans près de la mine d'or de North Mara, dans le nord de la Tanzanie, selon Mining Weekly et allAfrica.
Le cabinet britannique Leigh Day représente les proches des deux hommes, aux côtés d'une trentaine d'autres Tanzaniens, rapporte allAfrica. Les plaignants affirment que les victimes ont été tuées par la police tanzanienne, des agents de sécurité privée, ou les deux. La mine appartient au groupe canadien Barrick Mining, qui soutient que la police ne relevait pas de son autorité.
Ce qu'un label est censé garantir
L'argument juridique ne porte pas sur la mine, mais sur le label. Selon Leigh Day, la LBMA a renouvelé de façon négligente la certification d'une raffinerie traitant l'or de North Mara, une certification qui aurait, selon la formule du cabinet citée par Mining Weekly, servi à masquer des atteintes graves aux droits humains. La « Responsible Gold Guidance » de la LBMA impose en principe aux opérateurs d'identifier les risques en matière de droits humains dans leur chaîne d'approvisionnement. D'après allAfrica, une raffinerie certifiée a continué de s'approvisionner jusqu'en 2024.
La LBMA conteste toute responsabilité : les décès, affirme-t-elle, ne sont ni causés par son travail ni liés à son rôle. L'association prévient qu'une reconnaissance d'un devoir de vigilance de cette nature constituerait pour elle « un enjeu existentiel », selon ses écritures citées par Mining Weekly.
Deux cent soixante-seize ans de règles écrites ailleurs
La Good Delivery List de la LBMA remonte à 1750, soit 276 ans ; l'association elle-même a été constituée il y a 39 ans à l'initiative de la Banque d'Angleterre. Seules les raffineries inscrites sur cette liste produisent un or acceptable pour un règlement à Londres : la valeur commerciale de l'or extrait du sous-sol africain dépend donc d'un registre tenu dans une capitale européenne.
Ce que le continent met sur la table
C'est tout l'intérêt de ce procès pour l'Afrique : il déplace la question de la conformité vers la responsabilité. Pendant des décennies, les labels « responsables » ont rassuré les acheteurs du Nord sans offrir de recours aux communautés riveraines des mines. Si la Haute Cour admet qu'un certificateur peut être tenu comptable de ce qu'il certifie, la portée dépassera North Mara et touchera les chaînes du cobalt, du platine ou du cuivre.
La décision est attendue à l'issue des audiences. La Tanzanie, elle, continue de réviser ses contrats miniers pour capter davantage de valeur sur place — une bataille menée en parallèle par le Ghana, la RDC et le Nigeria.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.