Ouganda : le procès pour trahison de Kizza Besigye reprend sans lui à la Haute Cour de Kampala

Le procès pour trahison de Kizza Besigye a repris le 5 octobre 2026 devant la Haute Cour de Kampala, présidée par le juge Emmanuel Baguma, sans que l'opposant ougandais soit physiquement présent dans la salle. Selon le Nile Post, il n'a plus comparu depuis le 29 juillet 2026, date à laquelle il s'est effondré à l'audience alors qu'il protestait contre la désignation de ses avocats. La cour a autorisé la poursuite des débats en son absence.
Quatre fois candidat à la présidence, Besigye est poursuivi aux côtés de son collaborateur Obeid Lutale et du capitaine Denis Oola, de l'armée ougandaise. L'accusation leur reproche d'avoir participé à des réunions en Ouganda, au Kenya, en Grèce et en Suisse en vue de renverser le gouvernement. Les trois hommes bénéficient de la présomption d'innocence et aucune culpabilité n'a été établie à ce stade.
Une arrestation hors des frontières
Besigye a été interpellé à Nairobi, au Kenya, le 16 novembre 2024, avant d'être transféré en Ouganda. Près de deux ans plus tard, il est toujours détenu et son procès n'en est qu'à l'examen des preuves. Les conditions de cette interpellation à l'étranger puis de son transfert ont nourri, depuis le départ, une contestation juridique sur la régularité de la procédure.
La bataille porte sur une clé USB
L'audience du 5 octobre a été consacrée aux transcriptions d'enregistrements audio et vidéo présentés par l'accusation. Le Dr Medadi Erisa Ssentanda, enseignant à l'université Makerere, a été chargé de retranscrire plus de vingt-cinq heures de contenu, pour un montant de 59,32 millions de shillings ougandais, selon AllAfrica.
La défense, conduite par l'avocat Farouk Kizito Kamulegeya, s'oppose à l'admission de ces transcriptions : elle fait valoir que la clé USB d'origine n'a pas été produite et met en cause la chaîne de conservation des preuves. Le principal témoin de l'accusation, Andrew Wilson, enquêteur en sécurité présenté comme travaillant pour le gouvernement, avait déjà été entendu plusieurs semaines sur l'opération menée à Nairobi.
Ce procès est devenu un marqueur de l'état des libertés politiques en Ouganda, où le président Yoweri Museveni est au pouvoir depuis 1986 et où Besigye fut longtemps son principal adversaire électoral. La question posée à la justice ougandaise est simple et suivie bien au-delà de Kampala : un opposant peut-il être jugé équitablement quand il est absent du prétoire et que ses avocats contestent l'origine même des preuves ? La réponse appartient au juge Baguma, dont les décisions sur l'admissibilité des transcriptions orienteront la suite des débats.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.

