Rail africain : la BAD et l'Allemagne signent pour faire baisser les coûts de transport du continent

La Banque africaine de développement (BAD) et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) ont signé le 30 septembre 2026 une lettre d'intention destinée à développer les réseaux ferroviaires africains, a annoncé l'institution panafricaine. La signature a eu lieu lors du premier Dialogue industriel africain-européen sur le rail, organisé en marge du salon InnoTrans à Berlin.
Le document a été paraphé par Mike Salawou, directeur du département Infrastructures et développement urbain de la BAD, et par Michael Krake, directeur général adjoint au BMZ. Il fixe un cadre de coopération autour de quatre priorités : réduire les coûts de transport, améliorer l'interopérabilité des réseaux transfrontaliers, promouvoir des solutions de transport bas-carbone et former de la main-d'œuvre qualifiée pour le secteur.
Un continent qui roule sur bitume
Les chiffres disent l'ampleur du retard. Le rail africain ne représente que 8 à 10 % du réseau ferroviaire mondial, pour environ 90 000 kilomètres de voies largement fragmentées, selon les données reprises par le média kényan Eastleigh Voice. Surtout, 80 à 90 % du fret se déplace par la route en Afrique, contre 20 à 30 % en Europe et aux États-Unis.
Cette dépendance au camion a un prix : elle renchérit le coût de chaque bien produit ou consommé sur le continent, et elle pèse directement sur la promesse de la Zone de libre-échange continentale africaine, un marché de plus de 1,4 milliard de personnes que la BAD cite comme horizon de ces investissements. Sans corridors ferroviaires qui se raccordent les uns aux autres, le commerce intra-africain reste prisonnier des frontières et des péages.
Des corridors déjà en chantier
La BAD mentionne plusieurs projets existants sur lesquels pourrait s'appuyer cette coopération : le corridor de Lobito, les voies à écartement standard en Afrique de l'Est, le corridor de Nacala, la liaison ferroviaire Nord-Sud algérienne, la ligne à grande vitesse marocaine et les projets de transport urbain ferroviaire au Sénégal et au Nigeria.
Première étape concrète annoncée : une étude de faisabilité conjointe pour un Centre africain de compétences ferroviaires, mise en œuvre par la coopération allemande GIZ, dont le lancement est attendu en octobre 2026.
Il faut toutefois lire ce texte pour ce qu'il est : une lettre d'intention, sans montant annoncé ni calendrier de travaux. L'enjeu, pour les États africains, sera de transformer ce cadre en financements et en commandes qui bénéficient aussi aux industries et aux ingénieurs du continent — et pas seulement aux équipementiers européens venus exposer à Berlin. La formation d'une main-d'œuvre ferroviaire africaine, inscrite noir sur blanc dans l'accord, est de ce point de vue la clause à surveiller.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.

