Sénégal : quatre inculpations, une première pour les violences politiques de 2021-2024

La justice sénégalaise a inculpé quatre personnes pour des faits liés à la répression des manifestations politiques qui ont secoué le pays entre mars 2021 et février 2024, rapporte Africanews le 25 septembre 2026. C'est la première fois que des poursuites pénales sont engagées pour cette période meurtrière, survenue sous la présidence de Macky Sall.
Qui est poursuivi ?
Selon Africanews, les personnes inculpées sont Ameth Tidiane Cissé, présenté comme chef de la sécurité, Djibril Gaye, agent de sécurité, ainsi qu'Amadou Guindo Traoré et Djibril Diaw. Elles sont poursuivies pour association de malfaiteurs, crimes contre l'humanité, torture, séquestration, enlèvement et violences, visant notamment un homme, Pape Abdoulaye Touré, en juin 2023. Djibril Gaye a été placé en détention, Ameth Tidiane Cissé sous contrôle judiciaire, les deux autres laissés libres dans l'attente du procès. Tous restent présumés innocents.
Contourner la loi d'amnistie
Le choix de la qualification de « crimes contre l'humanité » n'est pas anodin : il vise à contourner la loi d'amnistie adoptée en 2024, qui couvre les faits liés aux manifestations politiques de cette période. Les crimes contre l'humanité sont en effet considérés comme imprescriptibles et ne peuvent, en principe, être amnistiés.
Le bilan de ces années de crise reste lourd : au moins 65 morts selon un décompte de journalistes et de chercheurs, plus de 80 selon les estimations officielles, d'après Africanews. Les manifestations avaient éclaté sur fond de craintes d'un troisième mandat de Macky Sall et de mise à l'écart de l'opposition, avant de s'intensifier après l'arrestation de l'opposant Ousmane Sonko en 2023, aujourd'hui Premier ministre.
Une première étape
Pour l'avocat Juan Branco, qui accompagne des victimes, ces inculpations constituent une avancée « modeste et tardive », selon Africanews. Les familles de victimes réclament depuis des années vérité et justice. La suite de la procédure dira si la justice sénégalaise est capable de remonter la chaîne des responsabilités, y compris au sommet de l'État de l'époque.
Pour les défenseurs des droits humains, l'enjeu dépasse le Sénégal : il s'agit de montrer qu'une alternance démocratique peut s'accompagner d'une justice équitable, sans esprit de revanche mais sans impunité.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.