Soudan du Sud : Kiir ouvre un dialogue inter-partis boycotté par l'opposition à trois mois du scrutin

Le président sud-soudanais Salva Kiir a ouvert le 24 septembre 2026 à Juba un dialogue inter-partis présenté comme la dernière étape politique avant les élections générales du 22 décembre 2026. Selon Radio Tamazuj, les principaux mouvements d'opposition ne se sont pas présentés, privant d'emblée l'exercice de ceux qu'il devait précisément rassembler.
Devant les délégués, le chef de l'État a fixé des limites étroites à la discussion. D'après Eye Radio, média sud-soudanais, il a demandé que les échanges portent uniquement sur les questions électorales et restent dans le cadre légal existant, avertissant que le dialogue n'était pas, selon ses mots, « un lieu de négociations ». Il a décrit quatre chantiers parallèles : le cadre juridique, qu'il dit achevé, la logistique administrative, la sécurité et la concertation politique.
Un pouvoir concentré avant le vote
Le contexte pèse lourd sur ces déclarations. Africanews rapporte que le gouvernement d'union de transition a été dissous le 22 septembre 2026, mettant fin aux fonctions de vice-président de Riek Machar, l'adversaire historique de Kiir et cosignataire de l'accord de paix de 2018. Les formations proches de Machar rejettent la démarche électorale du pouvoir. Radio Tamazuj signale par ailleurs que la concentration des pouvoirs présidentiels née de cette dissolution suscite des interrogations.
Le 22 décembre 2026 doit marquer le premier vote national du plus jeune État du continent depuis son indépendance en 2011, après une guerre civile et une transition étirée sur plusieurs années. C'est l'enjeu : une génération entière de Sud-Soudanais n'a jamais déposé de bulletin dans une urne nationale.
Trois mois, et beaucoup de questions
Les critiques relayées par Africanews portent moins sur le principe du scrutin que sur sa faisabilité en trois mois. Trois obstacles reviennent : l'état de la sécurité dans plusieurs régions, l'étroitesse de l'espace politique laissé aux opposants, et l'absence d'une Constitution permanente pour encadrer le résultat. Sans ces garanties, un vote tenu dans les délais risque d'être contesté avant même d'être organisé.
La médiation africaine reste présente. Kiir a remercié le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, le président rwandais Paul Kagame, la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan, l'ancien président Jakaya Kikwete et le Soudanais Abdel Fattah al-Burhan, selon Eye Radio. La communauté de Sant'Egidio figurait parmi les participants.
Pour Juba, la crédibilité du 22 décembre se jouera donc autant sur la logistique que sur la capacité du pouvoir à ramener l'opposition autour de la table. Un scrutin organisé sans elle réglerait le calendrier, pas la paix.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.