Tanzanie : après quatre ans de paiement numérique obligatoire, 95 % des voyageurs paient en espèces

Quatre ans après l'entrée en vigueur de l'obligation de paiement électronique dans les transports publics tanzaniens, l'argent liquide domine toujours largement. Sur 62,18 millions de voyageurs recensés sur la période, 59,27 millions ont payé en espèces, soit 95,3 %, contre 2,91 millions par voie numérique, rapporte le quotidien Tanzania Daily News dans son édition du 25 septembre 2026, sur la base des données de l'autorité de régulation des transports terrestres (LATRA).
L'écart se lit aussi en valeur. Les recettes encaissées en liquide atteignent 1 990 milliards de shillings tanzaniens, contre 144,28 milliards pour les transactions électroniques, qui représentent 6,8 % du total des titres de transport. La part numérique en valeur dépasse sa part en nombre de trajets : les paiements dématérialisés se concentrent sur les courses les plus chères.
Une obligation légale, une pratique lente
La loi sur les transactions électroniques impose pourtant le paiement numérique à un large éventail de services : bus à haut niveau de service, autocars longue distance, transbordeurs et plateformes de réservation de courses. Le cadre juridique existe donc ; c'est son appropriation par les opérateurs et les usagers qui traîne.
Habibu Suluo, directeur général de LATRA, affirme que les transporteurs et l'État perçoivent progressivement les avantages du paiement électronique en matière de transparence, selon le même journal. Le mot est important : la traçabilité intéresse d'abord le régulateur et le fisc, moins le chauffeur payé à la recette du jour ou le voyageur sans compte bancaire.
Un secteur qui explose en volume
Le contraste est frappant avec la croissance du parc. Entre l'exercice 2021/2022 et 2025/2026, les licences de véhicules commerciaux ont bondi de 146,1 %, passant de 239 953 à 590 468, toujours selon LATRA. Le nombre de bus raccordés au système de suivi des véhicules est passé de 5 979 à 14 743.
Autrement dit, la Tanzanie a réussi à équiper et recenser son parc bien plus vite qu'elle n'a converti ses passagers. Le dossier illustre une réalité que connaissent plusieurs pays du continent : le numérique s'impose dans les transferts d'argent entre particuliers, comme le montrent les succès du mobile money en Afrique de l'Est, mais bute encore sur le paiement de proximité, où le liquide reste rapide, gratuit pour l'usager et anonyme.
Les chiffres publiés par LATRA posent donc une question de méthode plus que de technologie : une obligation légale ne suffit pas à changer une habitude de paiement tant que l'alternative n'est pas plus simple et moins chère que la pièce de monnaie.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.