Tunisie : 35,4 % de chômage chez les 15-24 ans et une dette à 82 % du PIB, le bilan de Kaïs Saïed

Sept ans après l'arrivée de Kaïs Saïed au pouvoir, l'économie tunisienne reste prise entre une croissance faible, une inflation qui remonte et un chômage des jeunes massif, selon un bilan chiffré publié par Al Jazeera le 15 octobre 2026 à partir des données officielles tunisiennes.
Les chiffres
Le plus lu du momentManganèse : Paris veut devenir premier actionnaire d'Eramet, trois ans avant l'interdiction gabonaise d'exporter brut →Le produit intérieur brut a progressé de 2,3 % sur un an au deuxième trimestre 2026, loin des 3,3 % environ inscrits dans la loi de finances 2026. L'inflation annuelle a atteint 5,6 % en septembre 2026, contre 5,4 % en août et 4,8 % en janvier, d'après l'Institut national de la statistique. Les prix de l'alimentation et des boissons ont grimpé de 8,4 % sur un an, avec des hausses de 16,5 % pour la volaille, 16,3 % pour les fruits et 14,6 % pour l'agneau.
Le chômage global s'établit à 14,9 % au deuxième trimestre 2026, en recul par rapport aux 15,3 % d'un an plus tôt et au pic de 17 % atteint en 2020. Mais il touche 35,4 % des 15-24 ans et 26,6 % des diplômés de l'université : la Tunisie forme des jeunes que son marché du travail n'absorbe pas.
La dette et le carburant
La dette publique est passée de 67,8 % du PIB en 2019 à 84,9 % en 2024, avant de redescendre à 82,1 % en 2025, selon le ministère des Finances ; la loi de finances 2026 en prévoit environ 83,4 %. L'État tunisien emprunte de plus en plus chez lui : l'économiste Ridha Chkoundali évalue l'endettement intérieur à environ 7 milliards de dinars en 2024 comme en 2025, puis 11 milliards de dinars au début de 2026.
Le budget a aussi été percuté par le pétrole. La loi de finances 2026 tablait sur un Brent à environ 63,30 dollars le baril ; la moyenne a atteint près de 92,60 dollars fin juin. Les subventions aux carburants ont absorbé 2,427 milliards de dinars au premier semestre 2026, soit 48,6 % de l'enveloppe annuelle, quand l'investissement public n'a mobilisé que 1,665 milliard sur la même période. Autrement dit : plus d'argent pour tenir les prix à la pompe que pour construire.
Deux lectures
Houssam Oueslati, chauffeur de taxi, raconte à Al Jazeera que le bidon d'huile moteur coûtait environ 35 dinars en 2018 contre près de 100 dinars désormais. Ridha Chkoundali souligne que la croissance ne profite aux ménages que si elle se traduit en production, investissement, emplois et revenus. Le parti Courant démocrate reproche au gouvernement de ne pas affronter la réalité économique et d'imputer ses échecs à des complots. À l'inverse, Houssam Ben Ahmed, militant favorable au président, défend les mesures du 25 juillet 2021 comme « une nécessité absolue pour sauver l'État ». Le gouvernement, lui, met en avant la résilience de l'économie.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


