1970 : la mort de Nasser, l'homme de Suez qui voulait une Afrique libre

Le 28 septembre 1970, le président égyptien Gamal Abdel Nasser meurt d'une crise cardiaque au Caire, à 52 ans. Quelques heures plus tôt, il venait de clore un sommet d'urgence de la Ligue arabe consacré aux affrontements de « Septembre noir » entre l'armée jordanienne et les combattants palestiniens. Selon VOA Afrique, la veille, il avait arraché un accord entre le roi Hussein et Yasser Arafat.
La nouvelle provoque un choc immense. Diabétique et gros fumeur, Nasser avait déjà subi des alertes cardiaques, mais son état de santé restait inconnu du public. C'est son vice-président, Anouar el-Sadate, qui annonce le décès à la radio, avant de lui succéder.
De l'officier au raïs
Né le 15 janvier 1918 à Alexandrie, Nasser appartient au mouvement des Officiers libres qui renverse la monarchie du roi Farouk dans la nuit du 22 au 23 juillet 1952. Il devient président en juin 1956. Le 26 juillet de la même année, il annonce la nationalisation de la Compagnie du canal de Suez, jusque-là contrôlée par des intérêts britanniques et français, après le retrait des financements occidentaux promis pour le haut barrage d'Assouan.
La riposte est militaire : le Royaume-Uni, la France et Israël attaquent l'Égypte à l'automne 1956. Sous la pression internationale, les trois pays doivent se retirer. Pour des millions d'Africains et d'Asiatiques encore colonisés, la leçon est limpide : un pays du Sud peut reprendre le contrôle de ses ressources face aux anciennes puissances.
Le Caire, capitale des luttes de libération
Dans son livre « Philosophie de la révolution », Nasser décrit l'Égypte au centre de trois cercles : arabe, africain et islamique. Il fait du Caire un refuge et une base diplomatique pour de nombreux mouvements anticoloniaux, du FLN algérien aux mouvements d'Afrique australe. Figure du mouvement des non-alignés, il est aussi, selon l'Union africaine, l'un des dirigeants qui, avec Kwame Nkrumah et l'empereur Haïlé Sélassié, réunissent en mai 1963 à Addis-Abeba les États qui fondent l'Organisation de l'unité africaine (OUA), le 25 mai.
Un héritage contrasté
Le bilan n'est pas sans ombres. La défaite face à Israël lors de la guerre des Six Jours, en juin 1967, le pousse à annoncer sa démission, avant que d'immenses manifestations populaires ne le ramènent au pouvoir. Son régime reposait sur un parti unique, la censure et l'emprisonnement d'opposants, notamment islamistes et communistes, une répression que les historiens documentent largement.
Ses funérailles, le 1er octobre 1970, disent pourtant l'attachement qu'il suscitait. Selon les estimations reprises par l'encyclopédie Wikipédia, cinq à six millions de personnes suivent le cortège dans les rues du Caire, en présence de délégations venues de plus de 40 pays, dont de nombreux dirigeants africains.
À retenir
En nationalisant Suez et en ouvrant Le Caire aux combattants de la liberté, Nasser a montré que la souveraineté africaine sur ses propres ressources était possible. Son autoritarisme rappelle aussi que l'indépendance ne suffit pas sans les libertés des citoyens.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.