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1995 : Bob Denard et 33 mercenaires confisquent les Comores

Story Africa·28 septembre 2026·2 min de lecture
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Le 28 septembre 1995, avant le lever du jour, trente-trois hommes débarquent en canots pneumatiques sur la Grande Comore. À leur tête, le mercenaire français Bob Denard. En quelques heures, ils neutralisent la caserne de l'armée, capturent le président Said Mohamed Djohar et s'emparent d'un État souverain, membre des Nations unies et de l'Organisation de l'unité africaine.

Ce n'était pas un coup d'essai. Selon la chronologie des coups d'État comoriens, Denard est mêlé aux cinq renversements de pouvoir réussis dans l'archipel entre 1975 et 1995 : contre Ahmed Abdallah en août 1975, un mois après l'indépendance ; contre Said Mohamed Jaffar en janvier 1976 ; contre Ali Soilih en mai 1978, avec 43 hommes ; puis en novembre 1989, la nuit où Abdallah fut tué.

Un État traité comme une propriété privée

Entre 1978 et 1989, Denard commande la garde présidentielle d'Abdallah, environ 500 hommes, accumule hôtels et terres, se convertit à l'islam sous le nom de Said Mustapha Mhadjou. Aucune élection ne lui avait donné ce pouvoir. Pour Christophe Premat, professeur à l'université de Stockholm, il incarne la logique de la Françafrique et des réseaux de Jacques Foccart : une violence sous-traitée à des hommes sans uniforme.

Quand Paris reprend la main

Le coup de 1995 est de trop. La France déclenche l'opération Azalée : environ 600 militaires, dont des forces spéciales, appuyés par la frégate Floréal. Les mercenaires sont encerclés dans la caserne et Denard se rend le 5 octobre à 15 heures, avant d'être transféré dans une prison parisienne. Bilan : quatre morts et neuf blessés dans ses rangs, aucune perte française.

Djohar, évacué vers La Réunion, ne fut pas rétabli : il resta tenu à l'écart de son pays jusqu'à l'élection de 1996, qu'il perdit. Une ingérence avait chassé l'autre, sans que les Comoriens soient consultés.

Une justice à petit feu

En 1999, Denard est acquitté dans l'affaire de la mort d'Abdallah, faute de preuves et après le retrait de la plainte de la famille. En juin 2006, il est condamné à cinq ans de prison avec sursis pour association de malfaiteurs, le tribunal relevant que les services secrets français avaient eu connaissance du coup de 1995. En appel, en juillet 2007 : quatre ans dont trois avec sursis, une peine jamais exécutée pour raisons de santé. Il meurt la même année.

Trente et un ans plus tard, l'épisode n'a rien d'une curiosité exotique : une souveraineté africaine a pu être suspendue par trente-trois hommes armés, et l'indépendance d'un État se mesure aussi à qui tient ses armes. Christophe Premat voit dans Denard l'annonce d'une violence privatisée que des groupes comme Wagner ont ensuite amplifiée sur le continent.

À retenir

Le 28 septembre 1995, 33 mercenaires conduits par Bob Denard renversaient le président comorien Said Mohamed Djohar. Une semaine plus tard, l'intervention française mettait fin à vingt ans de tutelle officieuse d'un mercenaire sur l'archipel.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.