Afrique du Sud : Ramaphosa prépare le pays à perdre l'AGOA, son ambassadeur réclame un « dialogue direct »

Story Africa·27 octobre 2026·2 min de lecture
Partager WhatsApp FacebookXTelegram

L'ambassadeur d'Afrique du Sud aux États-Unis, Roelf Meyer, a appelé le 26 octobre 2026 au Cap à l'ouverture d'un « dialogue direct » avec Washington, en marge de la présentation de ses mémoires politiques. « Il y a en ce moment, malheureusement, une tension. La relation est tendue », a-t-il reconnu, cité par Africanews, tout en affirmant qu'« il importe de garder de bonnes relations » avec les États-Unis.

Le choix de l'homme dit quelque chose de la méthode : Meyer a été le négociateur en chef du gouvernement blanc lors des pourparlers qui ont mis fin à l'apartheid. Nommé à Washington en avril, près d'un an après l'expulsion de son prédécesseur, il estime que des discussions peuvent devenir un dialogue puis une négociation.

Le plus lu du momentAFRIFF : 135 films à Lagos du 1er au 7 novembre 2026, et 85 % portés par des femmes →

L'AGOA, l'enjeu concret

Derrière les mots, un dossier commercial. L'Afrique du Sud risque d'être exclue de l'AGOA, le programme américain qui ouvre le marché des États-Unis en franchise de droits à des pays africains. Le dispositif a été prolongé jusqu'en décembre 2028, mais il est réexaminé chaque année — et des responsables américains ont proposé d'en écarter Pretoria.

Le président Cyril Ramaphosa a préparé publiquement l'opinion à cette perte le 20 octobre 2026, selon Reuters. Il a dit ne pas savoir si son pays restera dans le programme et a jugé l'effet sur l'emploi « dévastateur ». « J'ai besoin, en tant que président, de nous préparer si cela arrive un jour », a-t-il déclaré. Son gouvernement discute avec ses homologues américains.

Du commerce, et pas seulement du commerce

Les deux pays s'opposent sur la race, le commerce et la diplomatie. Donald Trump a repris des accusations de « génocide » contre la minorité afrikaner, qu'Africanews qualifie de discréditées, et son administration a lancé l'an dernier un programme de réinstallation d'Afrikaners blancs qui se disent persécutés. Washington a réduit son aide, imposé des droits de douane, et Trump a boycotté le sommet du G20 de Johannesburg en 2025. À la mi-septembre, les États-Unis ont annoncé des restrictions de visas contre des Sud-Africains accusés de promouvoir une « discrimination fondée sur la race », d'inciter à la violence ou de permettre des confiscations de terres sans compensation. Washington a aussi refusé d'accréditer Pretoria pour les réunions du G20 organisées sur son sol, dont le sommet de décembre.

Chercher des clients ailleurs

Ramaphosa et le vice-président Paul Mashatile ont multiplié les déplacements pour prospecter d'autres marchés. Le président a cité comme avancée un accord commercial avec la Chine, qui a mis en place en mai un régime sans droits de douane pour des produits sud-africains éligibles.

Le cas sud-africain intéresse tout le continent : un accès préférentiel accordé unilatéralement, et révisable chaque année par le pays qui l'octroie, est un avantage mais pas une sécurité. La première économie industrielle d'Afrique découvre qu'elle doit diversifier ses débouchés pour ne pas dépendre d'une décision prise à Washington.

Cet article t'a plu ? Fais-le tourner.

Partager WhatsApp FacebookXTelegram

Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone

Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.