Centrafrique : 19 condamnés et 4,15 millions de dollars manquants, la Cour pénale spéciale menacée d'extinction

Story Africa·27 octobre 2026·2 min de lecture
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La Cour pénale spéciale (CPS) de Centrafrique, la juridiction qui juge à Bangui les crimes de guerre commis dans le pays, risque de s'éteindre faute d'argent : c'est la conclusion d'un rapport d'Amnesty International publié le 27 octobre 2026, intitulé « The perpetrators are still here » (« Les auteurs sont toujours là »). L'organisation a mené une mission à Bangui en avril 2026 et interrogé 63 personnes.

Inaugurée le 22 octobre 2018, la CPS est une cour mixte : des magistrats et procureurs centrafricains y siègent aux côtés de collègues étrangers, avec un soutien des Nations unies. Elle est compétente pour les crimes internationaux commis en Centrafrique depuis 2003. Son second mandat de cinq ans a commencé le 22 octobre 2023 et s'achève en octobre 2028.

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Une cour qui avait commencé à juger

Ses résultats ne sont pas négligeables pour une juridiction de huit ans. Elle a examiné six affaires ; dans les quatre premières, au moins en première instance, 19 personnes ont été condamnées pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, et les victimes ont obtenu des réparations dans un dossier. Le verdict de la cinquième affaire, liée aux attaques de Guen dans l'ouest du pays en 2014, est attendu en décembre. Le procès dit de Bossembélé, qui vise notamment l'ancien président François Bozizé, est en cours : Bozizé vit en Guinée-Bissau, d'autres suspects sous mandat d'arrêt se trouvent au Tchad, et des dizaines de personnes sont toujours recherchées.

Le départ de Washington a vidé les caisses

Les États-Unis ont retiré leur soutien financier en 2025 et plus de 4,15 millions de dollars d'engagements restent impayés, selon le rapport. L'ONU et l'Union européenne sont désormais les seuls contributeurs. Entre août et septembre 2025, la cour a licencié un quart de son personnel, experts étrangers compris. L'unité de protection des témoins a perdu plus de la moitié de ses effectifs, ce qui expose ceux qui ont accepté de parler. Le bureau du procureur ne peut plus ouvrir de nouvelle enquête et les chambres accumulent les retards.

« Les victimes commencent à perdre espoir »

Amnesty demande aux autorités centrafricaines de prolonger le mandat de la cour au-delà d'octobre 2028, et à l'ONU, à l'UE et aux États partenaires de la financer par des engagements pluriannuels et d'exécuter les mandats d'arrêt. Les conclusions leur ont été transmises le 6 octobre 2026 : aucune réponse à la publication. Des représentants de victimes disent que les survivants veulent voir les responsables jugés et emprisonnés, mais qu'ils perdent confiance.

Si la CPS ferme, il ne reste pas grand-chose. Les massacres, viols et pillages de 2002-2003 et les meurtres, viols et disparitions forcées de 2012-2014 demeurent largement impunis. Les tribunaux nationaux manquent de moyens et d'indépendance pour reprendre ces dossiers, et la Cour pénale internationale a annoncé en décembre 2022 la clôture de ses deux enquêtes centrafricaines. Une justice africaine qui tient debout grâce à des budgets décidés ailleurs peut être arrêtée ailleurs.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.