Drogue : les saisies de cocaïne en Afrique de l'Ouest passées d'une tonne à trente par an

Story Africa·23 octobre 2026·2 min de lecture
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Drogue : les saisies de cocaïne en Afrique de l'Ouest passées d'une tonne à trente par an
Photo : CBP Photography · Public domain, via Wikimedia Commons · photo d'illustration, couleurs modifiées

Les saisies annuelles de cocaïne en Afrique de l'Ouest sont passées d'environ une tonne en 2018 à près de trente tonnes ces dernières années, selon une étude du Centre d'études stratégiques de l'Afrique publiée le 21 octobre 2026 et reprise par allAfrica. Un bond qui fait du continent l'un des grands couloirs du trafic mondial, et de plus en plus un lieu de production.

Le contexte est celui d'une explosion de l'offre : la production mondiale de cocaïne est estimée à 4 100 tonnes, environ quatre fois le niveau d'il y a dix ans, pour un marché évalué entre 218 et 374 milliards de dollars. L'Europe absorbe à elle seule près d'un quart de la consommation mondiale.

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Des laboratoires installés sur le continent

Le changement le plus net concerne la méthamphétamine. Selon la même étude, des cartels latino-américains se sont associés à des groupes criminels africains pour monter des laboratoires en Afrique de l'Ouest, en Afrique du Sud, au Nigeria, au Kenya et au Mozambique, des « cuisiniers » mexicains venant conseiller les opérateurs locaux. Sur douze descentes menées dans des laboratoires africains avec l'appui du renseignement américain, onze ont donné lieu à l'arrestation de Mexicains.

L'intérêt économique est limpide : un kilo produit en Afrique pour environ 1 500 dollars se revend autour de 150 000 dollars en Asie de l'Est, et de 210 000 à 350 000 dollars en Australie et en Nouvelle-Zélande. Les saisies mondiales de méthamphétamine ont atteint 487 tonnes en 2024 contre 317 tonnes en 2019.

Le mouvement est confirmé sur le continent. Le colonel Ze-ev Krein, qui commande le bureau sud-africain de lutte antidrogue, décrit depuis cinq ans des laboratoires de taille industrielle : l'un d'eux produirait cinq tonnes par mois, pour environ 500 millions de rands, alors que son installation coûte quelque 10 millions de rands, a-t-il expliqué le 7 octobre 2026 lors d'un webinaire rapporté par Africa Defense Forum. Femi Babafemi, porte-parole de la NDLEA nigériane, estime auprès de la BBC que la pression policière sur les Amériques pousse les cartels vers l'Afrique de l'Ouest.

Les conséquences se mesurent déjà. L'Afrique du Sud a enregistré 78 assassinats liés au crime organisé sur les neuf premiers mois de 2026, contre 44 pour toute l'année 2025. La NDLEA a annoncé 19 944 arrestations en 2025 et le démantèlement d'une vingtaine de laboratoires de méthamphétamine depuis 2011. La consommation progresse en Afrique du Sud, au Kenya et au Nigeria.

L'étude rappelle enfin le coût politique : en Guinée-Bissau, les profits du trafic sont cités depuis des années comme un moteur des coups d'État et de l'instabilité. C'est là le vrai danger pour les États africains : une rente illégale qui achète des douaniers, des ports et des juges. Les marchés de destination, eux, restent en Europe, en Asie et en Océanie.

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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.