Gabon : les réseaux sociaux rouvrent après huit mois de blocage, mais il faudra montrer sa pièce d'identité

La Haute Autorité de la communication (HAC) du Gabon a levé le samedi 24 octobre 2026, lors d'une séance plénière extraordinaire, la suspension des réseaux sociaux imposée le 17 février 2026. Facebook, TikTok, YouTube et Instagram sont de nouveau accessibles après huit mois de coupure, pendant lesquels WhatsApp ne fonctionnait que par intermittence.
Pour justifier la mesure initiale, le régulateur avait invoqué « une hausse inquiétante des désordres informationnels », rapporte Direct Infos Gabon. La HAC reprochait aux contenus en ligne d'alimenter les conflits et les divisions, et disait avoir besoin de ce délai pour adapter le cadre juridique applicable aux plateformes.
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La réouverture n'est pas un simple retour en arrière. Selon Africanews, les utilisateurs devront désormais présenter une pièce d'identité officielle, ce qui met fin à l'anonymat en ligne. La HAC indique avoir établi des protocoles d'échange avec Meta, TikTok et YouTube et disposer d'un accès direct à leurs outils de signalement prioritaire, afin de faire retirer des contenus jugés illicites en temps réel. Des délégations de Meta et de TikTok sont attendues à Libreville pour préciser ce partenariat.
Le blocage n'avait pas empêché les Gabonais de parler : beaucoup sont passés par des réseaux privés virtuels. L'éditeur suisse Proton a fait état d'une hausse de 60 000 % des téléchargements de son outil VPN au lendemain de la coupure, selon Africanews.
Huit mois de contestation
La suspension est tombée en pleine vague de contestation sociale, moins d'un an après l'élection du président Brice Oligui Nguema, selon Africanews. L'opposition y a vu un abus de pouvoir ; les recours déposés devant la justice ont tous été rejetés, indique le même média, qui précise que l'ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, l'une des voix les plus critiques, est incarcéré depuis avril pour des faits présumés remontant à 2008. Il n'a pas été jugé et bénéficie de la présomption d'innocence.
Le Gabon rejoint ainsi la liste des pays africains qui ont expérimenté la coupure des plateformes comme instrument de gestion de la crise politique. Il en sort avec un compromis qui ne règle pas le fond : l'accès est rendu, mais au prix d'une identification obligatoire et d'une coopération resserrée entre le régulateur et les grandes plateformes. Pour les journalistes, les syndicats et les militants gabonais, la question reste de savoir ce qu'une parole nominative pourra encore dire sans risque.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


