Égypte : Mada Masr ordonné fermé et sa rédactrice en chef Lina Attalah emmenée du tribunal

Lina Attalah, rédactrice en chef de Mada Masr, principal média indépendant d'Égypte, a été placée en détention le 27 octobre 2026 à l'issue d'une audience unique devant le tribunal correctionnel du Nouveau Caire. La juridiction l'a condamnée à 3 millions de livres égyptiennes d'amende, soit environ 53 000 dollars, et a ordonné la fermeture du site, selon Human Rights Watch (HRW) et Africanews.
Le motif retenu est l'exploitation d'un site d'information « sans licence », dans le dossier numéro 9072/2026. Selon Mada Masr, cité par Africanews, des agents de sécurité l'ont encerclée, soulevée de terre et emportée hors de la salle d'audience. Hossam Bahgat, directeur de l'Initiative égyptienne pour les droits personnels, présent sur place, affirme que le juge a rendu sa décision au milieu des protestations des avocats de la défense.
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La procédure a été expéditive. D'après HRW, Lina Attalah a été convoquée le 19 octobre 2026, interrogée le 21 octobre par le Parquet de la sûreté de l'État suprême puis libérée contre une caution de 100 000 livres, renvoyée en procès le 22 octobre et condamnée le 27. La loi égyptienne de 2018 sur la régulation de la presse impose une licence du Conseil supérieur de régulation des médias. Mada Masr affirme en avoir demandé une en 2018 puis en 2020, sans jamais être notifié du rejet, et avoir déposé un nouveau dossier en 2023 resté sans réponse. Le site est bloqué en Égypte depuis mai 2017.
La sixième affaire en six ans
C'est la sixième procédure ouverte contre Mada Masr ou ses journalistes depuis six ans, selon la rédaction, mais la première à déboucher sur un procès. Fin septembre 2026, les six journalistes de la rédaction d'investigation de la plateforme de vérification des faits Matsda2sh ont été arrêtés et placés en détention provisoire pour « appartenance et financement d'un groupe terroriste » ; certains affirment, par la voix de leurs avocats, avoir été torturés et contraints à des aveux. Le Comité pour la protection des journalistes comptait 25 journalistes incarcérés en Égypte début octobre 2026.
Plus de cent organisations de la société civile avaient demandé l'abandon des poursuites avant l'audience. « Aucun journaliste ne devrait faire l'objet de poursuites pénales pour avoir fait son travail », estime Bassam Khawaja, directeur adjoint Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW, qui dénonce un détournement des obligations d'enregistrement.
L'affaire engage aussi le continent : HRW rappelle que l'Égypte est tenue de garantir la liberté d'expression au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples. Les autorités égyptiennes n'avaient pas commenté la détention de la journaliste dans l'immédiat.
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Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.


