Nigeria : 33 orpailleurs morts en cellule à Minna, l'enquête recommande des poursuites pour meurtre

Une commission d'enquête indépendante a conclu que la mort de 33 jeunes orpailleurs dans une cellule du Corps nigérian de sécurité et de protection civile (NSCDC) à Minna, dans l'État du Niger, au centre du Nigeria, était évitable, et elle recommande des poursuites pénales contre les agents responsables. Le rapport a été remis le 27 octobre 2026 à Abuja au ministre de l'Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, selon Pen Agency News.
Les hommes avaient été interpellés lors d'opérations contre l'orpaillage illégal menées les 16 et 17 septembre 2026. Le bilan, d'abord annoncé à 37 morts, a été ramené à 33 après vérification des dossiers, précise Africanews. Quatorze des victimes étaient des mineurs d'âge. La commission a recensé 41 survivants, dont 29 ont été entendus.
Le plus lu du momentAFRIFF : 135 films à Lagos du 1er au 7 novembre 2026, et 85 % portés par des femmes →Ils ont réclamé de l'eau, personne n'a ouvert
D'après le rapport cité par Blueprint, la cause immédiate est une insuffisance respiratoire aiguë provoquée par un confinement prolongé dans une cellule surpeuplée et mal ventilée, aggravée par la chaleur et la déshydratation. Les détenus qui criaient pour obtenir de l'eau et frappaient à la porte n'ont obtenu aucune réaction des gardes. La thèse d'une épidémie, avancée au départ, a été écartée. Selon Africanews, la commission estime que ces circonstances équivalent à un traitement « cruel, inhumain et dégradant ».
L'enquête relève aussi que l'opération d'arrestation a été conduite sans ordre opérationnel ni approbation du quartier général national du NSCDC, et que les détenus ont été gardés au-delà du délai légal. La commission de dix membres est présidée par Jonathan Kure, ancien numéro deux des services de renseignement intérieurs (DSS).
Renvois, procès et excuses officielles
Les recommandations sont lourdes : renvoi sommaire du commandant du NSCDC de l'État du Niger, accusé d'avoir attribué les décès à une épidémie, renvoi des agents directement impliqués, et poursuites pour meurtre, négligence criminelle, torture et traitements inhumains. La commission demande aussi des excuses officielles du gouvernement fédéral et un soutien scolaire pour les enfants des défunts. L'indemnisation proposée atteint 1,4 milliard de nairas : 30 millions par famille endeuillée et 10 millions par survivant.
Le ministre de l'Intérieur a annoncé la transmission du rapport au procureur général de la Fédération et la suspension immédiate des agents qui ont nettoyé le centre de détention, geste que la commission considère comme une tentative de destruction de preuves. « Le plus beau cadeau que nous puissions faire aux défunts, c'est la justice », a-t-il déclaré, cité par Pen Agency News.
Les décès avaient provoqué des manifestations dans le pays ; au moins deux personnes y ont été tuées par balles par les forces de sécurité, rapporte WithinNigeria. Aucun agent n'a été jugé à ce stade et la présomption d'innocence s'applique.
À lire aussi
SociétéDrogue : les saisies de cocaïne en Afrique de l'Ouest passées d'une tonne à trente par an
SociétéEbola : Africa CDC convoque les ministres de la Santé le 28 octobre et réclame un financement immédiat
BusinessUEMOA : la BCEAO fait payer les gros transferts sur PI-SPI dès le 2 novembre 2026, Wave rejoint le réseau
Reçois l'actu africaine en direct sur ton téléphone
Gratuit, sans inscription : rejoins la chaîne Story Africa.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle à partir des sources citées ci-dessous.
Sources
- Panel Says Niger Miners' Deaths in NSCDC Custody Were Preventable, Recommends N1.4bn Compensation — Pen Agency News
- Panel reveals cause of deaths of 33 miners in NSCDC custody — Blueprint
- Nigeria jail conditions blamed for deaths of 33 miners — Africanews
- Probe committee reveals causes of 33 miners' deaths in Niger State — WITHIN NIGERIA


